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  • LE MYTHE DU BON SAUVAGE

    Ces dernières semaines, j’ai vraiment profité d'une météo très clémente pour passer beaucoup de temps dans la nature, et qui dit balade, dit flânerie et qui dit flânerie dit pensées qui vagabondent. C’est ainsi que m’est revenu à l’esprit le « Mythe du Bon Sauvage ».

     Le Mythe du Bon Sauvage , c’est une notion qui s’est surtout affirmée au 18èmesiècle et qui fait suite notemment à la découverte de l’Amérique, et aux bouleversements induits par la Révolution industrielle (réorganisation sociale, productivité, …). Elle répondait à la quête de nouvelles valeurs et au débat opposant « nature » et « culture ». Il s’agit en fait de l’idéalisation des hommes vivant en contact étroit avec la nature, vivre dans des lieux où paix et bonheur sont assurés par une nature bienveillante, un havre de paix pour toutes les âmes tracassées par un futur incertain.

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      Pourtant au 16ème siècle, Montaigne dans ses essais évoquait déjà cette espèce d’utopie : « l’idéalisation des hommes vivant au contact de la nature sans liens avec le monde "civilisé" ».

     On a parfois attribué erronément ce mythe à Jean Jacques Rousseau, qui affirme de son côté que : « La nature a fait l'homme heureux et bon, mais la société le déprave et le rend misérable », mais c'était uniquement dans le but de critiquer la société du 18ème siècle. Cependant c’est sans doute Jean Jacques Rousseau qui est reconnu comme celui qui a participé le plus activement à travers son œuvre à ce mythe du bon sauvage.

     Nous les amoureux de la nature, nous nous reconnaissons sans doute un peu dans ce mythe du « Bon Sauvage », non seulement parce que les hommes en général ont la nostalgie du passé, et que ce mythe nous propose une image rassurante d’un primitif heureux qui vit en parfaite harmonie avec la nature.

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     Mes lectures de jeunesse m’avaient également fait rêver à cette vie dans la nature, comme dans « Robinson Crusoé », « Le dernier des mohicans » ou encore « Paul et Virginie ». Je me retrouve donc assez bien dans ce concept d’harmonie avec la nature.

      j’ai essayé de vous faire partager mes promenades à travers parcs, jardins et forêts  qui m’ont fait découvrir des sites très agréables, esthétiquement beaux, une nature telle que je l’aime. Et pourtant la plupart du temps cette nature a été façonnée par l’homme, et par conséquent on pourrait affirmer que tous ces sites, tous ces paysages  ne sont pas très « naturels », et que à contrario  ils devraient donc être définis comme « artificiels ». Me voilà donc un peu loin de mon mythe !

      Aujourd’hui les scientifiques évoquent le naturel d’un site en parlant de sa naturalité, un néologisme traduit de l’anglais « Wilderness » qui englobe une série de concepts tels que l'ancienneté de l'écosystème,  l'absence de signes de perturbation due à l'homme, etc…

     Aux Etats-Unis, la loi sur la protection de la nature (Wilderness Act), loi fédérale votée en 1964, en donne la définition suivante : « un lieu où la terre et sa communauté de vie ne sont point entravés par l'homme, où l'homme lui-même n'est qu'un visiteur de passage. » Il s’agit donc de sites ou de paysages qui ont gardé leur caractère authentique et sauvage.

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     En y réfléchissant bien, on peut se demander si dans nos régions, quelque site peut encore entrer dans cette catégorie. En effet, pratiquement toutes nos forêts sont gérées et exploitées, elles gardent un caractère naturel mais ne répondent pas à la définition et ce n’est pas les lois de protection de l’environnement qui y changeront quelque chose.

     Il en est ainsi de nombreux espaces « naturels » qui ont colonisé des zones défrichées, drainées, incendiées, asséchées ou simplement abandonnées soit par l’homme, soit du fait de catastrophes (guerres, accidents, …). Notre environnement naturel ne l’est pas tellement mais ça ne change pas grand-chose à notre plaisir et à la beauté des lieux.

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      Pour en revenir à mes balades, j’ai apprécié l’esthétique de ces groupements d’arbres qui ne sont bien sûr pas « naturels », j’ai apprécié la présence de ces animaux qui eux non plus ne sont pas là « naturellement », mais après tout qu’importe le plaisir était bien présent.

     L’ artificialité, pour utiliser un autre néologisme, ne m’ a enlevé aucunement le bonheur du « Bon Sauvage » qui sommeille en moi.

     

  • SUITE DES PARCS PUBLICS

     Je poursuis mon parcours des parcs publics de la ville avec tout à côté du parc Parmentier, les étangs de Mellaerts et le parc de Woluwé. Le parc des Etangs de Mellaerts a une superficie d’un peu plus de 9 hectares, c’est une zone de loisirs constituée de 2 étangs, un pour la pêche et l’autre pour le canotage, et d’un mini golf.

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    Parc de Woluwe et étangs Mellaerts dans Bruxelles 2009

     Véritable havre de paix coincé entre des boulevards empruntés par tout ce que Bruxelles compte de navetteurs, le parc de Woluwé n'en reste pas moins un des endroits privilégiés de celles et ceux qui ont envie de respirer un peu d'air frais et, pourquoi pas, de faire une balade en barque ou en pédalos sur les étangs tout proches. Le tour dudit étang est une balade classique et permettra de se rendre une nouvelle fois compte que Bruxelles est une des villes les plus vertes d'Europe. Une brasserie située à une de ses extrémités permettra même aux amateurs de bonne chaire de se sustenter plus qu'honorablement ou tout simplement de prendre un rafraîchissement pour se remettre de l'effort physique accompli.

    Cet article est paru dans le guide Bruxelles 2009

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    C’est en 1883 que François Mellaerts et son épouse achètent des terrains agricoles et des prairies appartenant aux Hospices civils de Bruxelles. En 1898, l’entrepreneur Edmond Parmentier qui a en charge la construction de l’Avenue de Tervueren signe une convention avec François Mellaerts, il lui attribue un nouveau terrain avec deux étangs en échange de sa propriété. La convention prévoit que François Mellaerts doit préserver la vue sur ses étangs à partir de l’Avenue de Tervueren.

     

    Qui dit étang, dit évidemment toute une faune aquatique, c’est ainsi qu’on peut y observer des cygnes, des bernaches du Canada, des oies de Magellan ou encore des ouettes d’Egypte. Les prairies humides ne sont pas en reste avec quelques espèces végétales telles que la brunelle, le lysimaque nummulaire ou le bugle rampant. Et bien sûr une multitude d’arbres : hêtres pleureurs, saules blancs, érables argentés, mélèzes, pins, etc….







     

    De l’autre côté du Boulevard, c’est le Parc de Woluwé qui m’attend mais là compte tenu de sa taille de 71 hectares c’est à vélo que je le découvre. Et bien m’en pris car ça monte et ça descend dans tous les sens. C’est une succession de grandes pelouses, d’arbres de différentes variétés (+/- 180 espèces) dont des séquoias géants et d’étangs, son style romantique lui vaut le qualificatif de « paysage anglais ».

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    Le parc est traversé par la « promenade du chemin de fer », une ancienne ligne de chemin de fer de +/- 6km  aménagée pour les piétons et les cyclistes.

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