alimentation

  • MAÏS ET OGM

     Quand je passe devant un champ de maïs, je ne peux m’empêcher de me demander, s’il s’agit d’une plante « naturelle » ou d’une plante OGM, une des ces plantes dont le patrimoine génétique a été modifié par l’homme, un de ces  organismes dans lequel a été inséré un gène absent à l’état sauvage pour en améliorer la résistance aux pesticides ou encore la productivité. Faut-il en avoir peur, faut-il les rejeter, faut-il les combattre ou au contraire en attendre monts et merveilles comme une réponse à la faim dans le monde ?

    Le débat fait rage depuis pas mal d’années entre pro et anti OGM ! Et qui dit débat, dit automatiquement, dérives, fausses idées, manipulations, clichés et en particulier en parlant d’OGM, on va y inclure les risques alimentaires, les problèmes de santé, la malnutrition dans le monde ou encore la mondialisation.

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    Il faut quand même reconnaître que depuis des millénaires, l’homme manipule les plantes pour en modifier la composition génétique, croise des variétés pour, dans le cas des fleurs par exemple, obtenir de nouvelles tailles, de nouvelles couleurs ou de nouveaux parfums. Le nombre de plantes hybrides qui font le bonheur de tous les jardiniers et de tous les amateurs de la nature, est sans doute incalculable.

    Ainsi, le maïs qui m’a suggéré cet article est issu d’une plante mexicaine plutôt malingre, le téosinte dont l’épi ne dépassait pas 2 cm, autre exemple la tomate qui est issue du lycopersicon, une tomate cerise originaire d’Amérique du Sud.

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     Il y a évidemment une différence importante entre le croisement d’organismes à la constitution génétique similaire et extraire un gène déterminé d’un organisme pour l’introduire dans un autre organisme vivant.

    Mon propos n’est pas d’aborder tous les aspects du génie génétique, la matière est tellement vaste, mais simplement de réfléchir un peu aux avantages, aux inconvénients et aux dangers de celui-ci.

    Avant toute chose, parlons un peu chiffres, et essayons d’estimer la part des cultures d’OGM dans le monde. En 2011, c’est pratiquement 17 millions de producteurs qui cultivaient des produits OGM sur environ 160 millions d’hectares dont la moitié dans des pays en voie de développement. 10 pays sur les 29 qui cultivent des OGM prennent à leur compte 98% de la superficie mondiale avec en tête les Etats-Unis (43%), le Brésil (19%), l’Argentine (15%), .... les pays européens viennent loin derrière avec l’Espagne, le Portugal et la Tchéquie.

    Les prévisions d’ici 2015 font état de 20 millions d’agriculteurs, de 200 millions d’hectares et de 40 pays producteurs.

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     Les modifications apportées au génome de ces plantes, principalement le maïs, le colza, le coton, le riz,  le tabac et le soja, le sont en particulier pour leur donner une meilleure tolérance aux herbicides et aux insectes et secondairement pour leur donner un plus nutritif. Ainsi le riz qui est la base d’alimentation de +/- 3 milliards de personnes et qui est produit par des centaines de millions de petits paysans, a été le sujet de pas mal d’expériences génétiques. Le but était qu’il produise du béta-carotène un élément essentiel de la vitamine A. Sachant que environ 150 millions d’enfants souffrent de carence en vitamine A, entraînant une multitude de cécité et une mortalité importante, ne voilà t-il pas un but intéressant.

    En ce qui concerne le maïs, on parle en termes d’OGM de « maïs Bt », maïs modifié par l’introduction d’un gène emprunté à une bactérie du sol (Bacillius thuringiensis), et qui lui confère une meilleure résistance aux principaux insectes qui lui sont nuisibles dont notamment la pyrale du maïs. La pyrale du maïs est répandue en Europe et en Amérique du nord où il porte le nom de « foreur européen du maïs » (European corn borer). En effet, sa chenille creuse des galeries dans les tiges et dans les épis.

    Voilà sans doute aussi une bonne idée puisque les cultures sont mieux protégées mais revers de la médaille, il semble que, ce sont des biologistes de l’université de l’Iowa qui le confirment, certains insectes nuisibles sont devenus résistants aux plantes « OGM pesticides ». La firme Monsanto, leader mondial de semences OGM avait mis au point en 2003 le premier maïs OGM résistant aux attaques de la chrysomèle des racines, la hantise de tous les producteurs de maïs, et 6 ans plus tard, on remarque que cet insecte a muté et est devenu résistant à la toxine intégrée au génome. Et voilà les producteurs obligés d’utiliser des pesticides encore plus toxiques et en plus grande quantité.

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    De plus, le pollen du maïs Bt semble toxique pour les papillons, on a remarqué qu’une exposition prolongée à ce pollen était fatale au papillon monarque, le plus connu des papillons d’Amérique du nord. S’il y a danger pour certains organismes, il y a aussi un grave danger pour la biodiversité, le maïs Bt secrète sa toxine de la racine vers le sol, les déchets agricoles infiltrent les cours d’eau et entraîne une pollution dont les conséquences ne sont pas encore connues. La plupart des scientifiques s’accordent pour dire que les questions de sécurité soulevées par les OGM concernent davantage l’environnement que la santé des personnes.

    Tant de questions restent sans réponses et le débat est très loin d’être clos. Pour être objectif, retenons les avantages : meilleurs rendements, moins de pesticides, plus nutritifs, les inconvénients : flux génétiques, dommages collatéraux, effets sur la santé. Et aujourd’hui la faim dans le monde concerne toujours plus d’1 milliard de personnes alors qu’une meilleure répartition des stocks alimentaires pourrait résoudre une grande partie du problème, mais il s’agit là d’un autre débat.

  • LA NATURE NOUS SAUVERA

    Je pensais tout d’abord publier une note concernant la beauté de la nature en sélectionnant quelques photos prises durant l’année écoulée, soit des macros, soit des photos qui mettent en évidence des détails de plantes, de fleurs ou d’insectes. Des photos qui montrent l’extrême complexité de ces plantes qui renaissent années après années.
    Mais en réfléchissant à ce que j’allais écrire, il m’a semblé évident d’élargir le sujet en évoquant non seulement la beauté de la nature par des images mais également l’importance de la nature dans notre vie et plus précisément d’un point de vue nutritionnel surtout quand on pense à la famine dans le monde.

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    Il y a notamment un ouvrage publié par François COUPLAN, intitulé « La Nature nous sauvera » avec en sous-titre « réponses préhistoriques aux problèmes d’aujourd’hui ».
    Les plantes, source de vie...
    « Depuis que l'homme est sur terre, il utilise les plantes qui poussent autour de lui pour se nourrir et se soigner.
    Il est temps de redécouvrir ces végétaux trop longtemps oubliés, dont nous pouvons mettre à profit les multiples vertus dans notre vie quotidienne. »
    François COUPLAN   http://www.couplan.com/

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    Ethnobotaniste, docteur ès sciences du Muséum National d'Histoire Naturelle, François Couplan enseigne la manière de vivre dans la nature, en autonomie, sous forme de stages pratiques sur le terrain. Il est le créateur de la " survie douce " permettant de vivre en harmonie avec le milieu naturel.
    Très jeune, il réalise que pour s’épanouir, il devra être indépendant. Et cette indépendance passe par l’alimentation. « A partir du moment où j’ai pris conscience que je pouvais me nourrir de plantes sauvages, je n’ai eu de cesse de vérifier que je pouvais réellement acquérir cette indépendance dans ma vie quotidienne ».

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    Cette démarche l’a mis en contact avec d’anciennes cultures dont les membres vivent encore comme dans la préhistoire.
    Avant le néolithique, soit pendant environ quatre millions d'années, l’homme s’est nourri de plantes sauvages. La cueillette s'est maintenue très longtemps, en même temps que l'agriculture. C'est une tradition qui s'est perdue depuis peu. Pourtant, si l'on regarde le problème en face, la nature fournit une abondance de plantes qui suffiraient largement à nourrir la population mondiale.

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    François Couplan nous  propose une approche révolutionnaire de la vie : nous inspirer de nos origines, dont il dit qu’elles ne furent ni affamées, ni austères, mais pleines de santé. Selon lui, les véritables causes de la crise écologique remontent bien avant l’industrialisation : à la révolution néolithique, c’est-à-dire à l’invention de l’agriculture, mère de la civilisation, mais aussi de la guerre et de la famine.
    « Malgré l’abondance et la variété de son alimentation, l’Occidental moyen est fortement carencé en ce qui concerne les sels minéraux, les oligo-éléments, les vitamines, les flavonoïdes et les antioxydants qui ralentissent le vieillissement cellulaire. Ces substances indispensables à la santé font défaut dans les produits raffinés, les aliments industriels et les légumes ou les fruits cultivés de façon intensive ». L’ortie contient sept fois plus de vitamine C que les oranges et les feuilles de pissenlit sont aussi riches en provitamines A que la carotte…

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    Ces exemples, il peut les multiplier, il devient intarissable lorsqu'il s'agit de décrire le goût d'huître de la bourrache dont on peut tirer « le vin des dieux », ou l'arôme de champignon qui se dégage du plantain lorsque l'on froisse ses feuilles pendant quelques instants. Cette plante médicinale de première importance dans la trousse de secours de la nature ne se contente pas de désinfecter, d'aider à la cicatrisation et de dissoudre le venin : elle parfume aussi subtilement les potages et les plats. Les recherches montrent qu’une plante sauvage contient dix fois plus d’éléments bénéfiques à la santé qu’une plante cultivée.

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    Dans certaines régions, comme en Crète, la tradition de la cueillette est encore fortement ancrée dans les habitudes. Base du fameux régime crétois, la consommation de plantes semble un gage de santé.
     Alors, prêts pour un régime essentiellement fait de plantes sauvages et pourquoi pas avec un accompagnement d’insectes dont la valeur nutritionnelle en protéine est excellente ?



          "C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas"

                                                      Victor HUGO



  • UNE BELLE ETRANGERE.

    Voilà encore une de ces surprises qui nous fait tant apprécier la nature. Je ne sais qui elle est, je ne sais d'où elle vient, mais alors que pratiquement tout est desséché, elle trône fièrement à côté des épis d'agastache fanés.

    Elle a résisté à tout, le gel, la tempête, le vent, la pluie, elle apparaît comme une tache colorée au milieu de ce massif en hibernation. Je suppose qu'elle fait partie de la famille des asters, en tout cas je n'ai aucun souvenir de l'avoir planté. Une belle surprise à cette époque de l'année.

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    366 Gestes pour la biodiversité.

    JE SAVOURE LA BIODIVERSITÉ DANS MON ASSIETTE.

    Née en réaction au développement des fast-foods et la malbouffe, l'association Slow food a prouvé que développer le goût et la curiosité des consommateurs en matière d'alimentation a notamment pour conséquence de les amener à protéger la biodiversité.

    Comment ? C'est très simple. Avez-vous déjà mangé un velouté de panais, des chips de topinambours ou du caviar d'escargots ? En le faisant, vous contribueriez à la sauvegarde de variétés oubliées (tels ces tubercules) et d'espèces menacées (tel l'esturgeon).

    Pour en savoir plus sur cette association écogastronomique, ses actions et la fondation Slowfood pour la biodiversité. http://www.slowfood.com