Nature

  • LE SUMAC VINAIGRIER

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    Le Sumac de Virginie (Rhus typhina, famille des anacardiacées)) est d’origine nord-américaine, depuis la Géorgie jusqu’au Canada en passant par l’Indiana. Il fut introduit en Europe au 17ème siècle et plus précisément en 1624. Comme beaucoup de plantes, d’arbres ou d’arbustes (pas facile de le cataloguer), il supporte plusieurs noms ou appellations : Sumac Amarante, Sumac à bois poilu, Sumac Vinaigrier ou encore Sumac à queues de Renard.

    Cet arbuste/arbre,  dans certaines conditions il peut atteindre 8 mètres, est dioïque, c’est à dire qu’il existe des individus mâles et des individus femelles.

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    C’est dans la période automnale qu’il est sans doute le plus spectaculaire, ses feuilles prennent alors des tons qui passent de l’orange au rouge flamboyant, il ne peut passer inaperçu ni dans les jardins ni à l’état sauvage dans la nature. Le Sumac s’accommode de pratiquement tous les sols, ce qu’il demande c’est beaucoup de lumière, il présente cependant un inconvénient majeur, il est envahissant et se propage tant par ses racines que par ses graines.

    Les fruits du Sumac sont également assez atypiques, il se présente sous une forme conique de couleur amarante et entrent notamment dans la fabrication d’une sorte de limonade (pink limonade).

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    Pour les téméraires, voici la recette de la sumacade (Québec) (http://coureursdesbois.telequebec.tv/recette.aspx?id=14)

    Ingrédients :

    • 3 à 5 fructifications de vinaigrier sumac

    • 2 litres d’eau

    • Sucre

    Brisez grossièrement à la main les fructifications dans un grand récipient. Ajoutez de l’eau, à peine pour couvrir. Écrasez les fruits à la main. S’ils sont très acides, vous pouvez déjà filtrer le liquide, mais si l’acidité est moins prononcée, laissez macérer les fruits quelques minutes. Mais attention ! Les tiges ont une sève amère et une macération prolongée d’une ou plusieurs heures donne un jus âcre.

    Filtrez et sucrez au goût. Préparez-en de bonnes quantités que vous conserverez au réfrigérateur. En préparant une sumacade avec un minimum d’eau, vous obtiendrez un concentré que vous pourrez congeler facilement et diluer ultérieurement pour servir en boisson fraîche.

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     Outre ses aspects décoratifs et gustatifs certains, le Sumac présente des qualités médicinales, au Québec il est connu comme la plante qui affiche le plus d’activité antibiotique, et le jus de son fruit est utilisé pour soulager le mal de gorge, le Sumac Vinaigrier contient proportionnellement plus de vitamine C que l’orange. Dans la pharmacopée des Amérindiens, il était réputé efficace envers  divers problèmes, dont l’arthrite et la diarrhée. L'espèce possède également des propriétés diurétiques, antispasmodiques, vulnéraires (contre les coups et les traumatismes) et pour les epistaxis (saignements de nez).

    Les Algonquins qui ont une longue tradition de médecine traditionnelle en faisaient un tonique qui améliorait l’appétit. Soit dit en passant les bases de la médecine traditionnelle amérindienne sont définies comme suit : « vise à stimuler ou à rétablir le cours naturel de la vie dans l’esprit et le corps quand l’un ou l’autre est perturbé ». « L’ensemble des connaissances vise à permettre aux humains de vivre en bonne santé, dans leur corps, leur cœur ou leur esprit ».

     

  • L'ASCLEPIADE DE SYRIE

    Dans ma note précédente, je parlais des OGM, sujet prémonitoire sans doute puisque quelques jours plus tard, le Nouvel Observateur publiait un article « Oui, les OGM sont des poisons » (cliquez). Je ne reviens pas sur le sujet mais cet éclairage nouveau sur la problématique des OGM vaut certainement de s’y attarder un peu plus.

    Il y a quelques semaines, j’avais lu un article qui parlait des insectes qui fréquentent les plantes manipulées. Une étude suggérait que le pollen du maïs génétiquement modifié affectait les chenilles des papillons monarques. Ces chenilles se nourrissent de feuilles d’asclépiades qui poussent souvent à l’état sauvage à proximité des champs de maïs or des entomologistes ont montré qu’en laboratoire, le pollen du maïs Bt dispersé sur des feuilles d’asclépiades interrompait la croissance de certaines chenilles monarques ou les tuait.

    Asclépiade de syrie 3.jpgIl se fait que cette asclépiade très répandue dans la région, , j’en observe les différentes phases de son développement depuis le début du printemps. Et je peux dire que voilà une plante qui ne passe pas inaperçue quelque soit la saison.

    L’Asclépiade de Syrie (Asclépias Syriaca) doit son nom à Jacques Philippe Cornut - médecin et biologiste français 1606 – 1651 qui en fait une description dans son ouvrage « Canadensium plantarum historia. Et notre médecin biologiste confond cette plante avec une autre plante originaire d’Asie mineure, d’où son qualificatif « de Syrie », alors que l’asclépiade est essentiellement originaire d’Amérique du Nord et principalement du Canada.

    Asclépiade de syrie 1.jpgQuant à son nom, il fait référence à Asclépios, dieu de la médecine dans la mythologie grecque. Les grecs donnent le nom d’Asklepias à différentes plantes qui auraient des vertus médicinales dont le dompte-venin officinal (Vincetoxicum hirundinaria) à qui l’on attribuait le pouvoir de contrepoison du venin de vipère ce qui n’est d’aucune façon le cas de l’Asclépiade de Syrie.

    Cette plante porte différent nom tous très imagés : « herbe à la ouate » référence à l’aigrette soyeuse des graines, « herbe aux perruches » référence à la forme des fruits verts ,  « langue de Vache » à cause de la forme des feuilles, « cotonnier », « petit-cochon », « asclépiade commune », « asclépiade de Cornut », ou encore « cochons de lait ».

    Asclépiade de syrie 4.jpgA l’état sauvage, c’est une plante envahissante qui colonise les milieux ouverts, peu exigeante elle a néanmoins besoin de beaucoup de lumière, et qui peut évincer localement la végétation indigène. Parfois elle est cultivée pour l’ornement dans les jardins mais attention, elle s’étend très facilement par des rejets souterrains.

    C’est aussi une plante toxique, toutes ses parties (racine, tige, feuilles, fleurs et fruits) contiennent un latex laiteux et épais, consommée par la chenille du papillon monarque, celle-ci en devient à son tour toxique ce qui lui permet d’échapper à de nombreux prédateurs.

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    En Amérique du Nord et particulièrement au Canada, elle est considérée comme une mauvaise herbe, il faut dire que par son expansion rapide, elle se retrouve notamment dans le sud de l'Ontario un peu partout,  dans les pâturages, les prairies, les terrains incultes, les terres cultivées et les bords de routes. Elle est particulièrement commune dans les îles Manitoulin et la région centre-est du sud de l'Ontario, et elle semble être en progression dans la plupart des autres régions de la province.

    Asclépiade de syrie 6.jpgComme je le disais plus avant, cette plante a un développement assez spectaculaire, tout d’abord parce qu’elle forme des colonies abondantes, que ses petites fleurs roses qui apparaissent au printemps sont assez jolies, que les fruits qui apparaissent en fin d’été ont une forme et une texture particulières et que maintenant en automne les fruits éclatent et laissent échapper une quantité de graines impressionnante. Les graines pourvues d’aigrettes soyeuses sont transportées à tout va par le vent d’où une dissémination importante.  

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    Asclépiade de syrie 7.jpgMalgré sa toxicité, certaines personnes en consomment (il faut être sûr de la préparation !) principalement quand les fruits sont encore petits, voici un exemple vidéo avec l’accent du Québec pour des « bouchées de petits cochons gratinés ».

  • MAÏS ET OGM

     Quand je passe devant un champ de maïs, je ne peux m’empêcher de me demander, s’il s’agit d’une plante « naturelle » ou d’une plante OGM, une des ces plantes dont le patrimoine génétique a été modifié par l’homme, un de ces  organismes dans lequel a été inséré un gène absent à l’état sauvage pour en améliorer la résistance aux pesticides ou encore la productivité. Faut-il en avoir peur, faut-il les rejeter, faut-il les combattre ou au contraire en attendre monts et merveilles comme une réponse à la faim dans le monde ?

    Le débat fait rage depuis pas mal d’années entre pro et anti OGM ! Et qui dit débat, dit automatiquement, dérives, fausses idées, manipulations, clichés et en particulier en parlant d’OGM, on va y inclure les risques alimentaires, les problèmes de santé, la malnutrition dans le monde ou encore la mondialisation.

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    Il faut quand même reconnaître que depuis des millénaires, l’homme manipule les plantes pour en modifier la composition génétique, croise des variétés pour, dans le cas des fleurs par exemple, obtenir de nouvelles tailles, de nouvelles couleurs ou de nouveaux parfums. Le nombre de plantes hybrides qui font le bonheur de tous les jardiniers et de tous les amateurs de la nature, est sans doute incalculable.

    Ainsi, le maïs qui m’a suggéré cet article est issu d’une plante mexicaine plutôt malingre, le téosinte dont l’épi ne dépassait pas 2 cm, autre exemple la tomate qui est issue du lycopersicon, une tomate cerise originaire d’Amérique du Sud.

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     Il y a évidemment une différence importante entre le croisement d’organismes à la constitution génétique similaire et extraire un gène déterminé d’un organisme pour l’introduire dans un autre organisme vivant.

    Mon propos n’est pas d’aborder tous les aspects du génie génétique, la matière est tellement vaste, mais simplement de réfléchir un peu aux avantages, aux inconvénients et aux dangers de celui-ci.

    Avant toute chose, parlons un peu chiffres, et essayons d’estimer la part des cultures d’OGM dans le monde. En 2011, c’est pratiquement 17 millions de producteurs qui cultivaient des produits OGM sur environ 160 millions d’hectares dont la moitié dans des pays en voie de développement. 10 pays sur les 29 qui cultivent des OGM prennent à leur compte 98% de la superficie mondiale avec en tête les Etats-Unis (43%), le Brésil (19%), l’Argentine (15%), .... les pays européens viennent loin derrière avec l’Espagne, le Portugal et la Tchéquie.

    Les prévisions d’ici 2015 font état de 20 millions d’agriculteurs, de 200 millions d’hectares et de 40 pays producteurs.

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     Les modifications apportées au génome de ces plantes, principalement le maïs, le colza, le coton, le riz,  le tabac et le soja, le sont en particulier pour leur donner une meilleure tolérance aux herbicides et aux insectes et secondairement pour leur donner un plus nutritif. Ainsi le riz qui est la base d’alimentation de +/- 3 milliards de personnes et qui est produit par des centaines de millions de petits paysans, a été le sujet de pas mal d’expériences génétiques. Le but était qu’il produise du béta-carotène un élément essentiel de la vitamine A. Sachant que environ 150 millions d’enfants souffrent de carence en vitamine A, entraînant une multitude de cécité et une mortalité importante, ne voilà t-il pas un but intéressant.

    En ce qui concerne le maïs, on parle en termes d’OGM de « maïs Bt », maïs modifié par l’introduction d’un gène emprunté à une bactérie du sol (Bacillius thuringiensis), et qui lui confère une meilleure résistance aux principaux insectes qui lui sont nuisibles dont notamment la pyrale du maïs. La pyrale du maïs est répandue en Europe et en Amérique du nord où il porte le nom de « foreur européen du maïs » (European corn borer). En effet, sa chenille creuse des galeries dans les tiges et dans les épis.

    Voilà sans doute aussi une bonne idée puisque les cultures sont mieux protégées mais revers de la médaille, il semble que, ce sont des biologistes de l’université de l’Iowa qui le confirment, certains insectes nuisibles sont devenus résistants aux plantes « OGM pesticides ». La firme Monsanto, leader mondial de semences OGM avait mis au point en 2003 le premier maïs OGM résistant aux attaques de la chrysomèle des racines, la hantise de tous les producteurs de maïs, et 6 ans plus tard, on remarque que cet insecte a muté et est devenu résistant à la toxine intégrée au génome. Et voilà les producteurs obligés d’utiliser des pesticides encore plus toxiques et en plus grande quantité.

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    De plus, le pollen du maïs Bt semble toxique pour les papillons, on a remarqué qu’une exposition prolongée à ce pollen était fatale au papillon monarque, le plus connu des papillons d’Amérique du nord. S’il y a danger pour certains organismes, il y a aussi un grave danger pour la biodiversité, le maïs Bt secrète sa toxine de la racine vers le sol, les déchets agricoles infiltrent les cours d’eau et entraîne une pollution dont les conséquences ne sont pas encore connues. La plupart des scientifiques s’accordent pour dire que les questions de sécurité soulevées par les OGM concernent davantage l’environnement que la santé des personnes.

    Tant de questions restent sans réponses et le débat est très loin d’être clos. Pour être objectif, retenons les avantages : meilleurs rendements, moins de pesticides, plus nutritifs, les inconvénients : flux génétiques, dommages collatéraux, effets sur la santé. Et aujourd’hui la faim dans le monde concerne toujours plus d’1 milliard de personnes alors qu’une meilleure répartition des stocks alimentaires pourrait résoudre une grande partie du problème, mais il s’agit là d’un autre débat.

  • DES POMMES A LA PELLE.

     

    pomme,malus,fruits,jus,santé,poids,énergie,extractionComme tout le monde, j’ai des souvenirs liés à mon enfance et notamment des journées que je passais chez mes grands parents. J’entends comme si c’était hier la pendule murale qui sonnait d’un ton lugubre tous les quarts d’heure, je sens l’odeur du lapin aux pruneaux qui mijotait sur la plate buse, mets qui était l’apanage de mon grand père et de personne d’autre, je ressens les baisers piquants de ma grand mère, le froid de l’eau pour se laver dans  le bassin  déposé sur un trépied dehors dans la cour, ma hantise d’aller au WC dans le fond du jardin avec les pages du bottin de téléphone comme papier hygiénique, la forte de voix de mon grand père et sa stature si imposante qu’il me semblait avoir 2 mètres, la chambre toute noire dans laquelle je dormais, le lit métallique et tellement haut. Mais avant d’aller dormir, mon grand père épluchait les pommes tombées au verger, il les nettoyait scrupuleusement en enlevant les taches brunes et les vers. J’en mangeais souvent deux, et j’avais l’impression qu’elles me faisaient digérer tout ce que je détestais dans cette maison.  

     

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    Tout d’abord, un repère historique : Le terme « pomme » est apparu dans la langue française en 1080, dans la célèbre Chanson de Roland.

    "BLANCANDRIN dit : « Les Francs sont gens très nobles. Mais ils font grand mal à leur seigneur, ces ducs et ces comtes qui le conseillent comme ils font : ils l'épuisent et le perdent, lui et d'autres avec lui. » Ganelon répond : « Ce n'est vrai, que je sache, de personne, sinon de Roland, lequel, un jour, en pâtira. L'autre matin, l'empereur était assis à l'ombre. Survint son neveu, la brogne endossée, qui des abords de Carcasoine ramenait du butin. A la main il tenait une pomme vermeille : « Prenez, beau sire, dit-il à son oncle : de tous les rois je vous donne en présent les couronnes. » Son orgueil est bien fait pour le perdre, car chaque jour il s'offre en proie à la mort. Vienne qui le tue ; nous aurions paix plénière ! »"

     Les pommes parlons-en, car pour le moment la récolte des fruits qui servent à l’extraction du jus est en pleine effervescence. Les gros camions remorques, les tracteurs de tous âges et de toutes tailles font la file, sont pesés avant d’aller vider leur cargaison dans les trémies. Des tonnes et des tonnes de pommes vont être traitées pour en extraire le nectar.

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    Voici ce qu'en dit le site "La Pomme" :

    La pomme possède des atouts nutritionnels uniques qui ont été mis en évidence grâce à de nombreux travaux scientifiques permettant de mieux comprendre pourquoi une consommation régulière de pommes contribue au maintien d’une bonne santé.

    Cela tient à l’originalité de sa composition et en particulier à : son faible apport calorique pour 100 g, sa grande richesse en antioxydants, sa teneur particulière en fibres.

    LA POMME, GRIGNOTAGE ET CONTROLE DU POIDS.

    Une consommation régulière de pommes aide à la maîtrise ou à la réduction du poids. Une pomme moyenne de 150 g apporte environ 18 à 20 g de glucides (soit 74 à 80 kcal) qui sont absorbés par l’organisme lentement et progressivement entraînant un rassasiement important et durable.

    En dessert ou en dehors des repas, la consommation d’une pomme est donc idéale et limite le grignotage abusif d’aliments trop sucrés, cause de l’augmentation du poids des adultes comme des enfants.

    La pectine est une fibre active contenue dans les pommes qui participe à la régulation du transit intestinal, à la qualité de la flore bactérienne et à l’amélioration de la fonction digestive.

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    LA POMME, SOURCE DE BONNE ENERGIE POUR LES SPORTIFS !

    L’apport énergétique de la pomme provient non pas de graisses, mais de fructose et de glucides assimilables lentement dans l’organisme. Cette donnée, et plus largement le profil nutritionnel de la pomme, en font un fruit tout à fait adapté aux sportifs. En effet, dans le cadre d’activités physiques, les composantes de la pomme agissent de façon bénéfique sur l’organisme et ce, avant, pendant et après l’effort.     

    Consommée avant le sport, la pomme donne de l’énergie tout au long de l’activité physique. Consommée au cours d’un exercice physique, la pomme recharge l’organisme en minéraux et en vitamines variées. Consommée après l’entraînement, la pomme et ses 85 % d’eau permettent de réhydrater l’organisme et de faciliter l’élimination des toxines.

    De plus, c’est en vitamine C que la pomme est la mieux pourvue : dans la partie externe de la pulpe et plus encore dans la peau, puisque celle-ci renferme 4 à 5 fois plus de cette vitamine énergétique que le reste du fruit. Mieux vaut croquer la pomme sans la peler, en ayant simplement pris soin de la passer sous l’eau par mesure d’hygiène.

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    Et pour en savoir encore un peu plus : le site "pomme passeport santé".

  • DEVINE QUI PAPILLONNE AU JARDIN ?

     

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    Comme chaque année au mois d’août, Natagora organise en Belgique un recensement des papillons. Les résultats publiés par cette association de protection de la nature sont les suivants :

    « Plus de 1.300 personnes ont participé début août à notre opération de recensement des papillons. Nous les remercions chaleureusement ! Contrairement aux craintes liées à la météo maussade du printemps et du début de l’été, le nombre moyen de papillons par jardin n’est pas au plus bas. Certes, ce n’est pas glorieux, mais certaines espèces, comme le paon du jour, qui étaient peu abondantes l’an passé, sont bien présentes en 2012.

    • Nombre de participants : 1362
    • Nombre de jardins recensés : 1418
    • Nombre de papillons observés. : 18770
    • Moyenne du nombre de papillons par jardin : 13.2

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    Espèce                 Fréquence    Nombre                   

    •    Piérides                   87.4 %     5120
    •    Paon du jour             50.8 %     2473
    •    Vulcain                     50.4 %     1956
    •    Petite Tortue           50.1 %     2483
    •    Robert-le-diable       30.4 %     673
    •    Tircis                        29.8 %     787
    •    Amaryllis                  25.8 %    1172
    •    Myrtil                       21.2 %      737
    •    Carte géographique   16.1 %     379
    •    Tristan                     15.4 %     418

     

    Pourquoi les papillons disparaissent-ils ?

    Les activités humaines sont la principale cause de disparition des papillons. La destruction des habitats naturels (urbanisation, extraction de la tourbe…), l'utilisation d'insecticides, la standardisation et l'intensification des pratiques agricoles (remembrement et disparition des haies, diminution du pâturage extensif, enrichissement des prairies et modification des communautés de plantes, …), l'éclairage électrique nocturne et le changement climatique sont les principaux facteurs de la régression actuelle des papillons.

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     L'importance de vos jardins

    Avec la raréfaction de leurs habitats, le rôle des jardins dans la conservation des papillons devient aujourd'hui de plus en plus important. En Belgique, les jardins couvrent bien plus de surfaces que l'ensemble des réserves naturelles réunies ! Si nos jardins accueillent demain plus de papillons, l'impact peut donc être très important, non seulement pour eux mais aussi pour toute la nature qui nous entoure ! Le jardin est aussi un univers où de nombreux autres enjeux environnementaux actuels peuvent s'illustrer (économies d'eau, réduction des pesticides et santé publique, réduction du volume des déchets ménagers et compost, éclairage de nuit, et donc, économies d'énergie et lutte contre les changements climatiques, produits respectueux de l'environnement, etc.).

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     Je profite du sujet pour placer quelques photos d’une espèce rencontrée récemment et qui n'apparaît pas dans le top 10 des observations : Le Machaon ou Grand porte queue. Papillon qui n’est pas rare, on le trouve dans tout l’hémisphère Nord tempéré, depuis 2012 il est arrivé au Canada mais il semble se raréfier en Europe Centrale. Il est maintenant protégé en Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Moldavie et dans certaines régions d'Autriche et d'Allemagne.

    Je me souviens qu’il y a quelques années j’avais découvert sa chenille dans le potager et plus particulièrement sur les carottes dont elle dévorait allègrement les feuilles. Sa chenille affectionne les plantes ombellifères telles que  l'aneth, le persil, et la carotte.

  • SOLIDAGE DU CANADA

     

    Solidage du Canada 3.jpgElle colonise très rapidement les terrains en friche, elle en devient même très souvent une plante invasive. Pour le moment elle décore d’un très beau jaune le paysage naturel, je veux parler du Solidago canadensis ou Solidage du Canada, connue aussi sous les noms de « Verge d’or du Canada » ou encore « Gerbe d’or ».

    Comme son nom l’indique, elle est originaire d’Amérique du Nord, on l’a trouve dans tous les provinces canadiennes, aux USA et en Europe centrale.

    Par son système de rhizomes souterrains, le Solidage du Canada peut produire des densités de tiges très denses allant jusqu’à  300 tiges/m², chaque tige pouvant produire 20.000 graines  voilà l’explication de son expansion.Solidage du Canada 1.jpg

     Si elle devient envahissante, elle n’est pourtant pas dépourvue de qualités, la distillation à la vapeur de ses fleurs donne une huile essentielle aux multiples vertus.

    Ses actifs principaux sont les terpènes – classe d’hydrocarbures composants de la résine et de l’essence de térébenthine – et l’acétate de bornyle qui est notamment utilisé comme additif alimentaire, en parfumerie et dans l’industrie du tabac pour son odeur typique et fraîche de résineux.

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     Parmi ses indications, on note principalement son utilisation pour le traitement de l’artérite, de la péricardite et de l’endocardite. Elle est anti-inflammatoire et décontractante, elle calme l’excès de nervosité et diminue l’hypertension, elle soulage certaines névrites d’origine nerveuse. Et secondairement elle stimule légèrement le foie et l’activité rénale.

     Solidago signifie littéralement : « je rends entier », « je consolide », ce serait sur base de la réputation de la fleur à favoriser la guérison des plaies que Linné donna à la verge d’or son nom scientifique.

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     C'est également une des plantes mellifères les plus communes d'Amérique du Nord. Le goût de son miel se situe à mi-chemin entre celui du miel de trèfle et celui du miel de sarrasin. Comme c'est le cas pour tous les types de miel, il concentre une partie des principes actifs de la plante et peut donc jouer un rôle non négligeable dans l'organisme.

  • HERBE ANGOUMOISINE

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    Pour continuer la série des grandes cultures en fleurs, après le tournesol, voici le tabac, sa floraison n’est pas aussi spectaculaire mais néanmoins elle ne passe pas inaperçue.

     Qui pense tabac, pense naturellement à nicotine et à Jean Nicot. Pourtant l’histoire du tabac et de sa nicotine n’est pas aussi simple que ça. C’est sans doute Christophe Colomb qui lors de son expédition en Amérique en 1492 découvre le tabac et l’introduit en Europe à la cour espagnole et portugaise. A cette époque, le tabac est simplement utilisé comme plante ornementale.

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     En France, c’est un moine-explorateur d’Angoulême, André Thevet qui lors d’une expédition avec le vice-amiral Villegagnon en 1555 ramena une plante alors inconnue, appelée « Pétun » par les indigènes et qu’il baptisa « herbe angoumoisine », c’était notre tabac.

     André Thevet qui se faisait appeler l’angoumoisin, rédige en 1557 un ouvrage intitulé « Les singularités de la France antarctique », ouvrage dans lequel il décrit pour la première fois ses découvertes ramenées du Brésil : le paresseux, le tapir, le manioc, l’ananas, l’arachide et le tabac. 

     Le terme « Pétun » est d’ailleurs utilisé dans la fameuse tirade des nez de « Cyrano de Bergerac » : « Ça, monsieur, lorsque vous pétunez, la vapeur du tabac vous sort-elle du nez, sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ? ».

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     Mais alors pourquoi nicotine et pas thevetine ?

     En 1559, le roi François II nomme Jean Nicot ambassadeur de France au Portugal et durant son séjour, il plante dans le jardin de l’ambassade des graines de tabac reçues d’un marchand flamand. Le tabac ne se fume pas encore, il se prise, cela fait éternuer, ce qui est bien la preuve qu’il chasse les humeurs malsaines !

     En 1560 Jean Nicot fait parvenir à Catherine de Médicis, la mère de François II de la poudre de tabac et ce afin de soigner les migraines persistantes de celui-ci. Le tabac est alors appelé « Herbe à Nicot » ou encore « Herbe à la Reine ». Il est alors essentiellement utilisé comme médicament sous forme de poudre.

     Tout cela ne plaît évidemment pas à André Thevet qui est alors cosmographe c’est à dire géographe officiel du roi, il ne s’en cache pas et parle d’usurpation. Ainsi dans sa « Cosmographie universelle », il écrit ceci : "Je puis me vanter avoir este le premier en France qui a apporte la graine de cette plante, et pareillement semé et nommé ladicte plante l'Herbe Angoumoisine. Depuis, un quidam qui ne fit jamais le voyage, quelque dix ans après que je fusse de retour de ce pays lui donna son nom."

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    A l’état sauvage, il existe une soixantaine d’espèces de tabac dont le taux de nicotine varie de 1 à 10%. Le tabac cultivé est à 90% de la variété nicotiana tabacum, le reste étant de la variété nicotiana rustica. Le tabac est désormais cultivé dans le monde entier pour une production totale de 6 millions de tonnes/an dont une majeure partie sert à la fabrication de plus de 5000 milliards de cigarettes.

    Pour agrémenter nos jardins, il y a le "tabac ornemental" ou "Nicotinia Sylvestris" dont j'avais parlé en son temps, pour revoir cette note, cliquezIci.

  • TOURNESOL

     

    Tournesol 1.jpgEn ce moment les Tournesols (Helianthus annuus) sont en pleine floraison, ils nous offrent des paysages spectaculaires d’un jaune éclatant comme si des milliers de soleils sortaient de terre.  Voilà une plante très intéressante a plus d’un titre !

     

     En alimentation humaine, ces grands champs de culture  vont servir pour la plupart à fabriquer de l’huile de tournesol ou à récolter les graines qui seront consommées torréfiées, c’est le cas dans certains pays méditerranéens. Les graines de tournesol sont riches en protéines, en calcium, en phosphore, en fer, en potassium et en vitamine E. Elles pourront remplacer avantageusement les cacahuètes salées que l’on grignote à l’apéritif ou devant sa TV.

     Dans certains pays, principalement en Russie, en Ukraine et en Roumanie, les graines sont utilisées pour produire le Halva qui est une espèce de confiserie très sucrée.

     En alimentation animale, les graines sont utilisées pour nourrir les perroquets mais aussi font partie des mélanges destinés, en hiver, à nourrir les oiseaux de nos jardins tels que les mésanges et les moineaux.

    La plante, récoltée avant maturité, deviendra un bon fourrage et les résidus de broyage pour obtenir l’huile, les tourteaux riches en protéines, serviront à l’alimentation du bétail.

    Sans oublier également que c’est une plante mellifère appréciée de nos abeilles. Tournesol 3.jpg

     L’huile de Tournesol est également un excellent agrocarburant ou biocarburant qui peut être utilisé dans les moteurs diesels. Son rendement serait 6 fois supérieurs au gasoil et d’un point de vue écologique, il n’y a aucun rejet de soufre et jusqu’à 3 fois moins de CO2 produit à la combustion. Pour la petite histoire, il faut savoir que les prototypes des moteurs inventés par Rudolf Diesel fonctionnaient à l’huile végétale, et cela se passait dans les années 1890 bien avant qu’on ne s’inquiète vraiment de la pollution, de la couche d’ozone et de l’écologie en général.

    Autre qualité de notre tournesol, c’est une plante dépolluante qui absorbe les radioisotopes (atomes dont le noyau est radioactif) de strontium et d’uranium.

    La production mondiale de graines de tournesol se situe actuellement aux environs de 30 millions de tonnes, les principaux producteurs sont la Russie, l’Ukraine, l’Argentine et le France.

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     Dans les jardins d’agrément ou dans les potagers, le tournesol qui trouvera bien place dans un coin ou l’autre constituera un point d’attraction spectaculaire qui demande bien peu de soins. Il aime évidemment les climats chauds et secs, il ne demande pratiquement pas d’eau et sa croissance est extrêmement rapide. Ce sont des graines idéales pour planter avec ses enfants qui verront très rapidement sortir du sol une petite pousse et deux feuilles. L’observation au jour le jour est elle aussi un motif de fascination, l’évolution est rapide  et les étapes de développement assez étonnantes. Tout d’abord, le cœur de la fleur est constitué de petites boules vertes, ensuite apparaissent des espèces de poils jaunes qui quand ils tomberont laisseront voir les graines qui seront alors à maturité et de couleur brunâtre. En septembre, il est temps de couper les têtes et de les mettre à sécher, quelques jours plus tard les graines pourront être détachées facilement.

     Le tournesol comme son nom l’indique a la capacité de s’orienter par apport à la lumière, c’est ce qu’on appelle le phototropisme. Ce phénomène est très visible surtout quand il est jeune et qu’il pousse très vite au cours de la journée. Il se fait que l’hormone responsable de l’élongation des cellules, l’auxine,  se concentre à la base des fleurs et en particulier du côté ombragé de la tige. Le côté à l’ombre pousse ainsi plus vite que le côté au soleil, et par conséquent la tige se déforme en fonction du mouvement du soleil et donne l’impression que la fleur à quelque attirance pour notre étoile.

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     Une légende de la mythologie grecque raconte qu'Apollon, dieu du soleil, a eu pour maîtresse Clytie,  supplantée par Leucothoé celle-ci dénonce cette liaison à son père, Océan qui pour laver son déshonneur enterre sa fille vivante. Apollon trahi, abandonne Clytie qui se laisse dépérir. Désespérée, elle s'assit nue sur les rochers et y demeura durant neuf jours, sans eau ni nourriture, tournée vers le soleil, suivant du regard la course du char de son bien-aimé. Touché par son désespoir, Apollon la métamorphosera en Tournesol car elle était toujours tournée vers le soleil.

     Etonnant quand on sait que le Tournesol qui était cultivé par les amérindiens a été importé en Europe au XVI ème siècle par les espagnols.

    je pense qu’il y a certainement eu une erreur d’interprétation, car certains textes parlent non pas de tournesol mais bien d’héliotrope, plante qui doit son nom au fait que ses feuilles se tourneraient vers le soleil.

     

  • ARBRE A SOIE

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    Voici un arbuste avec une belle floraison,  et d’après mes recherches il s’agirait d’un « Calliandra  Parvifolia »  ou encore « Arbre aux houppettes ». Il s’agirait donc d’un arbuste des régions tropicales, pourtant je suis loin du Brésil ou de l’Uruguay, mais les micro climats offrent parfois bien des surprises. C’est en comparant des photos que je suis arrivé à cette conclusion mais c’est sans certitude, donc toutes les suggestions sont les bienvenues !

    Tout ce que j’ai pu obtenir se résume à ceci : Signification : du grec : "belles étamines".

    Il existe de nombreuses espèces et variétés de calliandras mais on a souvent du mal à les trouver.

    Et comme je n’ai pas trouvé d’autres informations sur cet arbuste, je vais laisser parler les photos.

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    Les réactions des spécialistes ne se sont pas faites attendre et je remercie Alain NOEL, Anne Marie et Berthille d'avoir rectifié rapidement mon erreur d'identification, il s'agit effectivement de l'Albizia Julibrissin, appelé aussi Arbre à Soie ou Acacia de Constantinople. Pour tout savoir sur cet arbre, cliquez sur le lien suivent : Albizia Julibrissin.Calliandra parvifolia 4.jpg

  • BALADE CHAMPÊTRE

    Certains aiment visiter les beaux jardins et je suis de ceux-là. Il y a ceux qui préfèrent les jardins à l’anglaise avec leur joyeux fouillis organisé, d’autres les jardins à la française avec leur géométrie étudiée.

    Le jardin à l’anglaise n’est finalement qu’une imitation de la nature, il essaie d’en reproduire son côté sauvage, de donner des perspectives plutôt poétiques, de donner des sensations en fonction des floraisons, des saisons, etc.... Quand je dis « qu’une imitation », loin de moi de minimiser le côté créatif de ses concepteurs, que du contraire car en fait il s’agit de reproduire des scènes de la nature sur un espace restreint et donc de proposer à nos yeux ce que la nature nous offre sur des surfaces bien plus étendues.

    Bon nombre d’amateurs vont régulièrement dans le Sussex et dans le Kent à la découverte de merveilleux jardins anglais ce que jusqu’à présent je n’ai pas eu l’occasion de faire.

    Le jardin à la française est plutôt l’antithèse du jardin à l’anglaise, il apporte par sa géométrie, par sa symétrie ce que la nature ne nous donne pas, l’opposition du naturel et de l’artificiel. Qui n’est pas ébloui par les jardins du château de Versailles ou de Vaux le vicomte.

    On pourrait parler aussi des jardins à l’italienne, surtout de la région de Florence, avec leur géométrie, leurs statues et souvent leur labyrinthe.

     Quand on aime la nature, je pense qu’on aime tous les types de jardins mais que chacun a une préférence pour l’un ou pour l’autre. Personnellement, le jardin que je préfère c’est le jardin du bon Dieu, c’est à dire la nature sauvage et intacte.

    Lors d’une récente balade champêtre, j’ai pris le temps de m’arrêter régulièrement, d’observer, d’écouter, de voir vivre la nature. Sur un petit parcours de 14km, c’est fou ce que j’ai pu voir comme diversité dans les arbres, les graminées ou fleurs « sauvages ». Je pensais ramener quelques photos pour agrémenter le blog, j’en ai eu à satiété. Champêtre 14jpg.jpg

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    Quel bonheur au détour d’un chemin de voir un lapin détaler devant ce qu’il croyait une menace, d’observer un papillon sur une fleur, d’entendre le bourdonnement des insectes mellifères et les chants des oiseaux.

    Et quand vous rentrez à la maison, vous pouvez vous adonner à un autre exercice assez passionnant lui aussi, trouver le nom des toutes ces plantes. Il y en a de très faciles comme les coquelicots, les bleuets, les linaires et autres camomilles, et puis il y a toutes les autres à retrouver parmi les documentations, les livres que tous nous possédons ou encore via internet.

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    Voilà un exercice qui peut prendre du temps et parmi les quelques fleurs que je vous propose, j’ai notamment  trouvé le « Muscari à Toupet »  et « l’Asclépiade de Syrie », parce qu’elles ont une forme particulière et sont par conséquent plus faciles à identifier.

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  • SUREAU, L'ARBRE AUX 400 NOMS

    Il y a de ces coïncidences dans la vie qui me font un peu penser à certains rêves prémonitoires, ..... pur hasard ? Il se fait que le lendemain de la publication de ma note précédente concernant le sureau noir, pour la première fois de ma vie, j’ai trouvé sur mon chemin plusieurs vergers dédiés à la culture du sureau.

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    Renseignements pris, ils sont cultivés pour récolter les baies noires qui serviront à fabriquer un colorant  naturel. Comme j’ai pu le remarquer, les troncs ne sont plus très jeunes car d’une belle circonférence et les branches sont taillées chaque année. Des arbres donc d’une petite taille pour une récolte très facile.

    Comme ma note précédente a suscité un intérêt certain, j’ai investigué un peu plus sur les propriétés tellement nombreuses de notre Sureau noir.

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    C’est ainsi que j’ai trouvé qu’en France, il existe un verger dans le Maine créé en automne 2010 par un agriculteur de Vautorte lequel a planté sur près de trois hectares, 1500 pieds de sureau afin de fournir les quantités utiles de fleurs et de fruits pour la production  de « Délices du Maine » (clic) : gelées, sirops, liqueurs et confits.

     J’ai découvert également que nos ancêtres les gaulois utilisaient déjà le sureau pour teindre leurs étoffes en bleu ou en mauve, ou encore qu’on peut en fabriquer des encres  pour l’écriture  (je me souviens à l’école primaire de ces plumes ballons qu’on trempait dans l’encrier intégré dans le banc de bois et qui laissaient de belles traces sur les doigts).

    Mais finalement il y en a qui en parlent bien mieux que moi, des livres sont consacrés à cet arbuste rempli de qualités. Il y particulièrement Bernard Bertrand qui a publié deux livres aux éditions « Terran », le premier « Saveur de sureau » et le second « Sous la protection du sureau », une manière de tout savoir sur notre phénomène.

    sous-la-protection-du-sureau 2.jpgTiré de ce dernier livre, une recette de teinture :

     Ecraser 2 kg de fruits dans une bassine

    Ajouter 8 litres d'eau et 2 verres de jus de citron

    Faire macérer 12 heures

    Ajouter les fibres mordancées et mouillées

    Le mordançage consiste à appliquer un mordant sur les fibres par exemple de l’alun.

    Chauffer à feu doux jusqu'à 90 degrés

     Laisser refroidir dans le bain

    Rincer à l'eau froide et faire sécher à l'ombre

  • SUREAU, LE PHARMACIEN DE LA MAISON

     Sureau 5.jpgVoici l’époque du Sureau Noir (Sambucus Nigra), on le voit fleurir un peu partout, à l’état sauvage le long des routes, dans les campagnes ou encore implanté dans le décor d’un jardin ou d’une maison. Un arbre d’une très grande vitalité qui supporte qu’on le coupe, qu’on le taille et qui semble repartir de plus belle en générant de nouvelles pousses toutes vertes.

    C’est un arbre qui est déjà mentionné par Hippocrate, Dioscorides et Pline l’ancien au Vè siècle avant JC. Il faut lui reconnaître outre ses qualités décoratives, même si elles ne sont pas exceptionnelles, de multiples qualités dans des domaines aussi variés que la santé ou la cuisine.

    Parlons d’abord un peu « Santé », ne dit-on pas : « Celui qui a la santé est riche sans le savoir », et notre Sureau est de ce côté là un champion toutes catégories.

    Traditionnellement le vin de sureau était utilisé pour soigner la grippe et les conséquences de refroidissements. Galien, médecin grec de l’antiquité (131-201), considéré comme le père de la pharmacie, le recommandait contre les catarrhes et les excès de mucus.

    Des études scientifiques menées en Israël et au Danemark sur un groupe d’individus ont démontré que des extraits de Sureau noir avaient une influence significative sur le traitement de l’influenza dont la durée diminuait d’environ 4 jours.

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    D’autres expériences, notamment menées par le Dr Porta un endocrinologue autrichien, démontrent que le Sureau et ses extraits riches en anthocyanines sont capables de diminuer le stress. Ce mal de vivre de notre époque où les valeurs matérielles semblent plus importantes que les valeurs humaines, serait donc combattu simplement avec des extraits naturels et au diable tous ces médicaments chimiques aux effets secondaires insoupçonnés.  Le Dr Porta décrit ainsi ses découvertes : “ Nous avons donné à ces gens du sureau pendant seulement dix jours. Nous les avons ensuite soumis à des tests classiques de stress et les résultats ont été remarquables. Je les ai vérifiés encore et encore. ”

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     Ses propriétés sont dans toutes ses composantes, écorce, feuilles, baies et fleurs. Pas étonnant qu’on l’ait affublé de multiples noms : « Le protecteur du foyer », « Le pharmacien de la maison », « L’arbre aux fées », etc...

    Déjà connu et consommé à l’âge de la Pierre, on a retrouvé des traces de baies sur certains sites magdaléniens (dernière phase du Paléolithique supérieur européen, comprise entre environ -17 000 et -10 000 ans) en Suisse et dans le Nord de l’Italie, il accompagne donc l’homme depuis des millénaires.

    De son écorce (pas la partie brune visible, mais bien la partie verte sous-jacente) on en tire des substances riches en nitrate de potasse, en tanin et en acide valérianique, autant d’éléments aux propriétés diurétiques et laxatives. Une décoction d’écorce de sureau est efficace contre la rétention d’urine, les rhumatismes, la goutte et les coliques néphrétiques.Sureau 4.jpg

    De ses feuilles, on peut faire un purin pour combattre le mildiou et les pucerons, il éloignerait aussi les mulots et autres campagnols. Les feuilles fraîches, pas toujours agréables à l’odeur, apaisent les contusions, soulagent les maux de dents ou encore stoppent les petites hémorragies nasales.

    De ses fleurs on en fait un sirop très rafraîchissant dans les chaleurs de l’été, elles entrent également dans la préparation de desserts, elles sont appelées « vanille du pauvre ».

    De ses baies on en préparera des confitures, du vin ou encore du sirop. Le jus de Sureau noir entre dans la composition des encres alimentaires servant à estampiller nos quartiers de viande, c’est aussi un excellent colorant alimentaire.

     Me voilà encore un peu plus convaincu que la nature recèle tout ce qu’il faut pour prévenir ou soigner bien des maux.

    Voyons à présent, le côté botanique de notre petit arbre dont la taille varie de 2 à 10 mètres et dont la longévité est de plus de 100 ans. Il doit être placé au soleil ou à demi-ombre, pas question d’en trouver au coeur de la forêt. Ses branches sont creuses et par  conséquent elles sont fréquentées par de nombreux insectes qui peuvent y trouver refuge. Son bois tendre et creux est idéal pour fabriquer de petites flûtes, d’ailleurs c’est de là que provient son nom (Sambucus nigra), sambûke signifie en grec « flûte ». Les druides celtes confectionnaient de leur bois des flûtes leur servant à converser avec les âmes des défunts.Sureau 2.jpg

     La Floraison malheureusement pas très longue a lieu entre mai et juillet, l’arbuste se couvre d’une multitude de petites fleurs blanches qui font le bonheur des abeilles, mouches et papillons. Les baies noires qui y succéderont feront le quotidien des merles, des fauvettes, des rouges-gorges, ....

    Je terminerai en citant quelques anecdotes ou croyances, à vous de voir si elles sont avérées ! Dans la tradition campagnarde, il porte bonheur, ou encore « dormir sous le feuillage d’un sureau donne des rêves érotiques et charnels » et d’après nos voisins allemands il a le pouvoir de mettre fin à la stérilité d’un homme ou d’une femme.

     Tout à coup, je regarde d’une autre façon cet arbre somme toute assez quelconque, toutes ces qualités dans cet arbre qui pousse un peu n’importe où, cet arbre auquel on ne prête pas beaucoup attention dans le paysage, voilà qu’ il prend de nouvelles dimensions, qu’il devient pratiquement un symbole de vitalité.