NATURE ET JARDIN - Page 5

  • LE PARFUM DES LILAS

    Aujourd’hui, il faut dire un grand merci à Victor Lemoine, en effet c’est principalement grâce à lui qu’en ce début de printemps nous profitons de l’agréable parfum et de la multitude des variétés de lilas. Blancs, bleus, roses, magenta, violets, à fleurs simples ou à fleurs doubles, ils fleurissent un peu partout en exhalant ce parfum tellement caractéristique. Victor Lemoine est un botaniste français de la fin du XIXè siècle, considéré comme un des maîtres de l’hybridation horticole et à qui ont doit pas moins de 64 cultivars de lilas.

    Son œuvre ne se limite pas aux lilas, il a travaillé sur une grande variété de plantes telles que astilbes, glaïeuls, pieds-d’alouette, potentilles, clématites, etc. c’est à lui que l’on doit également le premier pélargonium à fleurs doubles rouge.

     Lilas 3.jpg

    Syringa Vulgaris, ou Lilas français se plaît en situation ensoleillée ou à mi-ombre et demande finalement peu d’entretien. On préconise de le tailler chaque année, de supprimer les fleurs séchées sous peine d’une floraison minable l’année suivante. Pourtant, bien souvent, on peut voir des arbustes laissés totalement sans soins et qui donnent une floraison abondante de la tête aux pieds.

    Cet arbuste de la famille des oléacées, comme l’olivier, le forsythia ou le jasmin peut atteindre environ 7 mètres de haut, il ne faut pas le confondre avec le seringat (Philadelphus) dont l’homonymie est proche.

    Le lilas peut être multiplié par bouturage, une opération somme toute assez simple identique à d’autres arbustes comme le wegelia ou le forsythia. Il s’agit de prélever une jeune pousse aoûtées (20 cm) en conservant de part et d’autre une partie du rameau porteur, de supprimer une partie du feuillage en conservant les quatre feuilles supérieures, de tremper la base dans de la poudre d’hormones de bouturage et de planter en godets dans un mélange moitié tourbe, moitié sable. Placez le dans une mini serre ou sous abri en maintenant humide à température de 18 à 20°C. Au début de l’automne, repiquez dans un pot plus grand et maintenir sous abri, laissez pousser 2 ans avant la plantation.

     

    Pictures.jpg

    Le lilas peut aussi être célébré dans certaines fêtes ou festivals, c’est le cas aux USA et notamment à Mackinac Island (une petite île du Michigan, où la voiture est absente, comptant 500 résidents mais des milliers de touristes) qui se targue de posséder les plus vieux lilas d’Amérique du Nord, certains auraient été plantés dans les années 1600 ! Cette tradition qui remonte à 1949, verra cette année sa 63ème édition, le festival se tiendra du 8 au 17 juin et sera l’occasion d’une grande fête à l’américaine. Site du festival :  Clic

     Et pourquoi ne pas rappeler parmi les multitudes de chansons consacrées aux lilas : « Quand refleuriront les lilas blancs » (1929), « Le poinçonneur des lilas » (1958) Serge Gainsbourg, « les lilas » (1970) jean Ferrat, « La vie lilas » (1975) Serge Lama, etc....

     Les Lilas (Louis Aragon)

     Je rêve et je me réveille
    Dans une odeur de lilas
    De quel côté du sommeil
    T'ai-je ici laissé ou là

    Je dormais dans ta mémoire
    Et tu m'oubliais tout bas
    Ou c'était l'inverse histoire
    Etais-je où tu n'étais pas

    Je me rendors pour t'atteindre
    Au pays que tu songeas
    Rien n'y fait que fuir et feindre
    Toi tu l'as quitté déjà

    Dans la vie ou dans le songe
    Tout a cet étrange éclat
    Du parfum qui se prolonge
    Et d'un chant qui s'envola

    O claire nuit jour obscur
    Mon absente entre mes bras
    Et rien d'autre en moi ne dure
    Que ce que tu murmuras

  • LE LONGOSE JAUNE

     Des amis ont eu le bonheur de faire un séjour sur l’île de La Réunion, d’en ramener des tas de souvenirs et bien sûr des photos, notamment de la flore qui y jouit d’un climat tropical humide propice à un développement plutôt exubérant. L’île est située dans l’hémisphère Sud à 700 kilomètres de Madagascar dans l’océan Indien.

    Le climat est fortement influencé par les vents alizés, par la présence de hautes montagnes et par le volcan  « Le Piton de la Fournaise », l’un des plus actifs de la planète. C’est ainsi que la côte Ouest bénéficie d’un climat sec protégé par le relief, tandis que la côte Est est pluvieuse et exposée aux vents.

    Comme beaucoup d’îles de ce type, telles que Madagascar, Hawaï ou encore les Galapagos, La Réunion présente un fort taux d’espèces végétales endémiques, on y dénombre pas moins de 160 plantes qui entrent dans cette catégorie.

    Depuis 2007, un Parc Naturel a été délimité sur l’île afin de protéger toute cette flore endémique, et le cœur de celui-ci, soit environ 40% du territoire,  est inscrit depuis 2010 au patrimoine mondial de l’Unesco sous le nom « Pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion ».

    P1000113.JPG

    Parmi les fleurs, il ya une espèce qui est présente un peu partout, c’est ce Longose jaune (Hedychium gardnerianum) une plante de la famille des Zingibéracées, commune dans les régions tropicales, une plante originaire des Indes qui s’y est tellement bien naturalisée qu’elle en est devenue envahissante. Le Longose à fleurs jaunes, classée parmi les plantes envahissantes majeures, est devenue une peste végétale qui forme des populations très denses et empêche la régénération des plantes indigènes.

     Heureusement à côté de cela, il y a une très grande variété de plantes à fleurs, de toutes les formes, de toutes les tailles et de toutes les couleurs, un vrai paradis pour les amateurs de botanique. Mais aussi un véritable casse tête pour les reconnaître exception faite des orchidées et autres lotus.

    La Réunion.jpg

     

     

  • SIGNES DU PRINTEMPS

    Voici d’autres petites preuves, s’il en est besoin que le printemps est bien là. Dans les sous-bois la CORYDALE SOLIDE (Corydalis solida) est fleurie, c’est une petite plante, voisine de la Corydale creuse, de 10 à 20 cm de haut dont les fleurs mauves/pourpres apparaissent sur une tige d’une dizaine de centimètres. Elle fait partie de la famille des fumariacées, comme le bien connu « Coeur de Marie » et le « Fumeterre ».

    Corydale solide.jpg

    Elle est connue aussi sous le nom « Corydale à bulbe plein » ou encore « Corydale à tubercule plein » et elle est assez commune notamment dans les prairies montagnardes et subalpines. En Belgique, on la trouve dans les forêts alluviales et dans les bois humides, c’est la seule variété qu’on peut y trouver avec la Corydale creuse qui est cependant assez rare. La Corydale jaune, une espèce proche bien qu’appartenant à un genre différent, est quant à elle bien présente sur les murs et les rochers.

    Son nom vient du grec Korudallis qui signifie « Alouette huppée », les fleurs de Corydale possèdent en effet un long éperon rappelant la huppe de l’alouette.

    Belle et mignonne, mais attention sous son aspect ingénu, elle est très toxique, surtout par sa racine qui renferme des substances alcaloïdes au pouvoir paralysant.

     Et avec ce très beau temps printanier, ce sont nos amies les cigognes qui sont revenues. Les cigognes ne laissent personne indifférent, symbole fréquent dans l’imaginaire de l’homme, elle est affublée de quelques noms tels que : « Messagère du printemps », « Oiseau porte-bonheur », « Symbole de la longévité », « Porteuse de bébés », etc.

    Cigogne blanche 3.jpg

    En général c’est en août-septembre qu’elle quitte l’Europe à cause du manque de nourriture pour rejoindre le sud de l’Europe et l’Afrique. Les espèces habitant la partie occidentale de l’Europe migrent par le sud-ouest et le détroit de Gibraltar tandis que les espèces habitant la partie orientale traversent le Bosphore pour se rendre en Afrique de l’Est jusqu’en Afrique du Sud.

    Cette cigogne blanche a retrouvé son nid en haut d’un poteau électrique, mais il n’est pas rare que chaque année elle ajoute et complète son nid qui dans des cas exceptionnels pourra atteindre jusqu’à 500 kg

  • LE PRINTEMPS ET LES ARTS

    Printemps rivière.jpgEt tout à coup, les rayons de soleil se font plus chauds, le fond de l’air n’a plus cette fraîcheur désagréable, le ciel s’est déchargé de ses nuages gris, le printemps semble s’installer et de quelle manière. Les rivières se débarrassent lentement mais sûrement de leur habit d’hiver, les premières perce-neige font leur apparition, de même que les éranthes d’hiver qui commencent à tapisser de leur jaune éclatant les sous bois. Partout on célèbre la fin du bonhomme hiver dans des carnavals ou des grands feux, la nature reprend ses droits,  la dormance est terminée, le débourrement peut commencer.

    Pour marquer cet évènement dans le cycle de la nature, j’ai opté pour une manière un peu originale, soit le printemps tel qu’il a inspiré les plus grands artistes dans les 7 arts principaux.

     Architecture :

    C’est sans doute dans cet art qu’il est le plus difficile d’en trouver une représentation sauf si on l’envisage d’une manière plus générale. En effet nos architectes paysagistes n’ont-ils pas comme mission de définir un jardin qui serait agréable en toute saison et qui mettrait en valeur les premières floraisons et les arbustes à floraison printanière. Parmi les paysagistes français, le plus connu est peut être André Le Nôtre, le père des jardins de Vaux le Vicomte et de Versailles, mais il y a un autre paysagiste français qui mérite certainement tout autant notre reconnaissance, il s’agit de Gabriel Thouin (1747-1829).

    Il est l’auteur d’un livre résultant de 40 années de recherches : « Plan raisonné de toutes les espèces de jardins », ouvrage de référence pour tout type de jardin.

    Gabriel Thouin distingue dans sa préface quatre types de jardins : le jardin potager, le verger, le jardin botanique ou jardin d'apothicaire, enfin le jardin d'agrément. Il subdivise les jardins d'agrément en fonction de leur forme en trois catégories : les jardins symétriques, les jardins anglais ou chinois et les jardins paysagers. Dans sa préface, Gabriel Thouin dénie aux Anglais l'invention du style naturel qu’il attribue plutôt à Charles Dufresnoy (1611-88), le successeur d'André Le Nôtre. Pour lui ce serait le précurseur du « jardin à l’anglaise », style qu’il avait imaginé dès le début du XVIIIe siècle dans un projet de parc pour le Faubourg Saint Antoine à Paris.

     Printemps erianthe d'hiver.jpg

    Sculpture :

    Qui dit sculpture, pense inévitablement à Auguste Rodin. Dans son œuvre, il y a un bronze intitulé : « L’éternel printemps ». En 1880, Rodin reçoit la commande d'une porte gigantesque dont la thématique est inspirée de la "Divine Comédie" de Dante : Les portes de l'enfer. L'œuvre  lui demanda un travail intense durant pratiquement 20 années et « L’éternel printemps » fut créé pendant cette période mais finalement ce sujet gracieux n’y figura jamais : tout comme Le Baiser, dont il constitue une sorte de variante, son sujet évoque le bonheur de deux jeunes amants, sentiment qui parut ne pas convenir au thème infernal de La Porte.

     Peinture :

    En peinture, le choix est vaste de Botticelli à Picasso en passant par Arcimboldo et ses célèbres et étonnantes peintures « Les Quatre saisons ».

    Les quatre saisons d'Arcimboldo sont des allégories, L'Hiver regarde le Printemps et l'Eté l'Automne. Le Printemps radieux contemple le visage décati de l'Hiver. Ce serait une jeune fille, plutôt qu'un jeune homme. C'est la saison du renouveau et les fleurs éclosent, chassant la grisaille de l'hiver. Le visage aux joues roses est composé de lys, de pivoines, de roses, d'églantines, d'anémones. Un lys épanoui décore la chevelure, allusion à la prétention des Habsbourg de descendre d'Hercule. En effet, la légende dit que le lys naquit du lait que donnait Junon à Hercule. La collerette est faite de fleurs blanches et le vêtement de feuillage.

    source : http://archeologue.over-blog.com

     Printemps erianthe d'hiver 2.jpg

     Musique :

    Après avoir évoqué « les quatre saisons » du peintre Arcimboldo, tout naturellement j’ai pensé aux « Quatre saisons » de Antonio Vivaldi. Le quattro stagioni  est le nom donné aux quatre concertos pour violon, qu’il a composés et dont l’introduction du printemps est certainement le passage le plus célèbre sinon le plus connu. Ce que le commun des mortels connaît moins c’est que son oeuvre est accompagnée de quatre sonnets qui lui sont attribués, poèmes qui décrivent le déroulement des saisons. Sur la partition, il précise les correspondances avec les poèmes, explicitant même certains détails (aboiements de chien, noms d'oiseaux : coucou, tourterelle, pinson…)

    Le sonnet concernant le printemps :

     Voici le Printemps, que les oiseaux saluent d'un chant joyeux.

    Et les fontaines, au souffle des zéphyrs, jaillissent en un doux murmure.

    Ils viennent, couvrant l'air d'un manteau noir, le tonnerre et l’éclair, messagers de l'orage.

    Enfin, le calme revenu, les oisillons reprennent leur chant mélodieux.

    Et sur le pré fleuri et tendre, au doux murmure du feuillage et des herbes,

    dort le chevrier, son chien fidèle à ses pieds.

    Au son festif de la musette dansent les nymphes et les bergers,

    sous le brillant firmament du printemps.

     Poésie :

    Combien de poètes n’ont-ils pas évoqué le printemps, ici aussi le choix est tout à fait difficile, mais ce poème de Victor Hugo simplement intitulé « Le Printemps » illustre à merveille cette saison.

    Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !

    Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,

    Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !

    Les peupliers, au bord des fleuves endormis,

    Se courbent mollement comme de grandes palmes ;

    L'oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;

    Il semble que tout rit, et que les arbres verts

    Sont joyeux d'être ensemble et se disent des vers.

    Le jour naît couronné d'une aube fraîche et tendre ;

    Le soir est plein d'amour ; la nuit, on croit entendre,

    A travers l'ombre immense et sous le ciel béni,

    Quelque chose d'heureux chanter dans l'infini.

    Printemps erianthe d'hiver 3.jpg

    Danse :

    Une oeuvre qui n’est pas passée inaperçue et qui a d’ailleurs été très mal accueillie lors de sa première, c’est : « Le sacre du printemps » de Igor Stravinsky. L'idée du Sacre du printemps lui vint en 1910, alors qu'il travaillait encore sur L'Oiseau de feu. Dans ses chroniques, le compositeur écrit ceci : « J'entrevis dans mon imagination le spectacle d'un grand rite sacral païen : les vieux sages, assis en cercle, et observant la danse à la mort d'une jeune fille, qu'ils sacrifient pour leur rendre propice le dieu du printemps ».

    Le premier tableau est intitulé : « L’adoration de la terre », le printemps, la terre est couverte de fleurs, la terre est couverte d’herbes. Une grande joie règne sur la terre. Les hommes se livrent à la danse et interrogent l'avenir selon les rites. L'Aïeul de tous les sages prend part lui-même à la glorification du Printemps. On l'amène pour l'unir à la terre abondante et superbe. Chacun piétine la terre avec extase.

    ( notes de programme que les spectateurs avaient reçues lors de la première représentation, le 29 mai 1913)

     Cinéma :

    Pas mal de films reprennent dans leur titre le mot printemps mais ce n’est pas nécessairement la saison qui en fait le scénario. Voici un film qui n’est certainement pas très connu bien qu’il ait reçu plusieurs prix dans différents festivals. « Printemps, été, automne, hiver... et printemps » de Kim Ki-duk

    Très applaudi lors de sa présentation en 2003 au Festival de Locarno, ce film y a récolté 4 prix : le Prix du jury Junior, le Prix Arte/CICAE (Confédération Internationale des Cinémas d'Art et Essai), le Prix Don Quichotte (remis par la Fédération Internationale des ciné-clubs), ainsi que le Prix décerné par le Netpac (Réseau pour la promotion du cinéma asiatique). La même année, le film décrochait le Prix du public au Festival de San Sebastian.

     "Mon intention est de montrer les joies, les colères, les tristesses et les plaisirs de nos vies à travers les saisons et au travers de la vie d'un moine qui vit dans un temple posé sur l'étang de Jusan situé en pleine nature. Cinq histoires du moine enfant, du moine garçon, du moine adulte, du moine vieillissant et du moine vieux coexistent avec des images de chaque saison. Les changements de qualité chez les êtres humains, les sens de la maturité dans nos vies qui se forment, comment elles se développent, la cruauté de l'innocence, l'obsession des désirs, la douleur des desseins meurtriers et l'émancipation dans les combats."

     

    Printemps rivière 2.jpg

     

  • LA BEAUTE DE LA NATURE

    Vous connaissez ma passion pour la nature, pour sa richesse, pour sa diversité et sa complexité et aussi pour son incroyable beauté. Une de mes dernières lecture, « Cinq méditations sur la beauté » de François Cheng, parlait de la beauté en général mais abordait aussi la beauté de la nature.

    beauté,françois cheng,méditations,benoite,papillon

    Le livre commence ainsi : « En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu’à l’opposé du mal, la beauté se situe bien à l’autre bout d’une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les extrémités de l’univers vivant : d’un côté, le mal ; de l’autre la beauté ».

     

    beauté,françois cheng,méditations,benoite,papillon

    La deuxième méditation concerne en partie la beauté de la nature : « Que l’univers nous frappe par sa magnificence, que la nature se révèle foncièrement belle, c’est là un fait confirmé par l’expérience partagée par tous. N’ayons garde d’oublier la beauté du visage humain : visage de femme célébré par les peintres de la Renaissance ; visage d’homme fixé par certaine icônes. Pour nous en tenir à la seule nature, il n’est pas difficile de dégager les éléments les plus généraux qui tissent notre impression commune du beau : la splendeur d’un ciel étoilé dans le bleu de la nuit,  la magnificence de l’aurore ou du couchant partout dans le monde,  la majesté d’un grand fleuve traversant les défilés rocheux et fécondant les plaines fertiles,  la montagne haut dressée avec son sommet enneigé, ses pentes verdoyantes et ses vallées fleurie,   une oasis éclose au cœur d’un désert,un cyprès debout au milieu d’un champ,  la superbe course des antilopes dans la savane, l’envol d’un troupeau d’oies sauvages au dessus d’un lac.  

     

    beauté,françois cheng,méditations,benoite,papillon

    Toutes ces scènes nous sont si connues qu’elles deviennent presque des clichés. Notre pouvoir d’étonnement et d’émerveillement en est émoussé, alors que chaque scène, chaque fois unique, devrait nous offrir l’occasion de voir l’univers comme pour la première fois, comme au matin du monde.

     Ici, déjà, une question se pose à nous. Cette beauté naturelle que nous observons, est-elle une qualité originelle, intrinsèque à l’univers qui se fait, ou résulte-t-elle d’un hasard, d’un accident ? Question légitime puisque, selon une thèse, la vie ne serait due qu’à la rencontre fortuite de différents éléments chimiques. Ainsi, quelque chose a commencé à bouger ; voici qu’une matière est devenue vivante.....

    beauté,françois cheng,méditations,benoite,papillon

    Que la « moisissure » se mette à fonctionner en évoluant, il y a de quoi s’étonner. Qu’elle réussisse à durer en se transmettant, il y a de quoi s’étonner davantage. Qu’elle tende, irrépressiblement dirait-on, vers la beauté, il y a de quoi s’ébahir ! Au petit bonheur la chance donc, la matière un beau jour, est devenue belle. A moins que, dès le début, la matière ait contenu, en potentialité, la promesse de la beauté, la capacité à la beauté ? »

    Cinq méditations sur la beauté (Albin Michel)  François CHENG de l’Académie française

     Voilà sans doute de quoi voir sous un autre angle toutes les beautés de nos jardins, en commençant par nos petits semis qui de minuscules graines vont nous donner d’admirables fleurs comme si nous en étions les créateurs. Pour imager un peu tout cela, j’ai recherché dans mes photos quelques clichés de fleurs ou de scènes de mon jardin qui, en toute modestie, illustrent un peu la beauté de la nature.

  • L'ARBRE AUX BOULETS DE CANON

     

    COUROUPITA GUIANENSIS  - les sujets hivernaux étant plutôt réduits  (neige, oiseaux, ...), un petit peu d’exotisme et de couleurs ou encore de rêve  n’est pas à dédaigner.

    L’arbre  que je voudrais vous présenter est certainement un des plus spectaculaires au monde, il s’agit du : Couroupita guianensis ou encore « arbre aux boulets de canon ». Il est originaire du Nord de l'Amérique du Sud (Guyane comme son nom l’indique), d’Amérique tropicale et du sud des Caraïbes. Arbre à feuillage persistant pour certains, à feuilles caduques pour d’autres (il perdrait ses feuilles 3 fois par an), il fait partie de la même famille que le Noyer d’Amazonie (Bertholletia excelsa). couroupita guianensis.jpg

    Photo : Servicio de Toxicología del Sanatorio de ninos (clic)

    Cet arbre qui peut atteindre 30 mètres de haut est spectaculaire à plus d’un titre, tout d’abord ses fleurs sont absolument magnifiques, elles se présentent en grappes pouvant atteindre 3 mètres, ensuite par ses fruits sphériques de +/- 20cm de diamètre (ils contiennent 200 à 300 graines) qui ont l’apparence de boulets de canon ou encore par ses branches hautes qui sont pourvues d’épines alors que les branches du bas s’entremêlent dans un beau fouillis.

    Autre particularité, les fleurs comme les fruits apparaissent sur des tiges qui poussent à même le tronc, si les fleurs sont très parfumées, les fruits dégagent une odeur fétide quand ils s’écrasent sur le sol. Ces fruits (+/- 6 kg) mettent 18 mois pour arriver à maturité et tombent au bout de 2 ans ½  environ.

    couroupita guianensis 2.jpg

    Photo : Biology DepartmentUniversity of Massachusetts Amherst (clic)

    En Asie, au Sri Lanka, en Thaïlande et dans d’autres pays bouddhistes, l’arbre est souvent planté dans les temples. Il est confondu avec l’arbre Sala, arbre sous lequel Bouddha serait décédé.

    couroupita guianensis 4.jpg


    Photo : que huong ngay mai (clic)


    En Inde où il a été introduit à la fin du XIXème siècle, il est appelé « Nâgalinga » et est considéré sacré par les hindous compte tenu que sa fleur ressemble à un nagam (serpent sacré).

    Dans la littérature Tamoul, un recueil (traduit en français)  de nouvelles d’Inde du Sud porte le titre « L’Arbre Nâgalinga », une des ces nouvelles fait référence à notre couroupita : En présence de sa fille Brinda, un père de famille négocie la dot que son futur gendre riche, mais infirme, devra verser... Devant la maison un arbre « Nâgalinga » retient l’attention de la jeune fille qui rêvasse, qui laisse son esprit vagabonder et qui par la même occasion se détache de cet humiliant marchandage.

     "Que de fleurs sur cet arbre ! Brinda compta celles qui étaient à portée de vue : une, deux, trois, quatre, cinq... Avant qu'elle fût parvenue à la douzaine, les fleurs s'emmêlèrent. Avait-elle déjà compté celles qui étaient sur la branche du haut, ou pas ? Elles devaient être au moins deux douzaines en tout. Un trésor de fleurs douces aux couleurs délicates. En outre, il devait y en avoir d'autres, tombées au pied de l'arbre." (Editions de l'aube - p.11)

     

     

  • DES FLEURS VERTES

    fleurs vertes 4.jpgLe monde végétal présente une dominante verte, voyez les feuilles, les algues, les mousses ou encore les lichens. Les fleurs quant à elles, nous offrent une palette de couleurs du jaune au bleu en passant par le rose, le rouge, l’orange ou encore le violet. On pourrait presque dire que toutes les couleurs de l’arc en ciel sont représentées.
    Les pigments donnent leurs couleurs aux fleurs, ils portent des noms impossibles tels que caroténoïdes, anthocyanes, flavonoïdes et mélanines. Ces différents pigments ne vont pas absorber la lumière de la même façon, par exemple la chlorophylle donne une couleur verte car elle absorbe toutes les longueurs d'ondes sauf le vert, les anthocyanes vont du bleu au rouge et donnent les belles couleurs de l’automne, etc.

     C’est grâce à ces couleurs que les fleurs attirent les insectes et en particulier les abeilles et les papillons tellement importants pour la pollinisation.Fleurs vertes 3.jpg
    Les oiseaux ont une excellente vision des couleurs eux aussi, ainsi une fleur rouge vif va immanquablement les attirer et d’autant plus si elle produit du nectar. La nature est telle que certaines plantes développent des fleurs qui imitent le mâle ou la femelle d’un insecte, avec des poils ou des formes tout à fait caractéristiques (par exemple l’orchidée abeille)

    Pourtant les modes de fécondation peuvent être très différents, ainsi certaines plantes sont fécondées par le vent, par l’eau ou encore par elles-mêmes. Dans ces cas précis, la couleur des fleurs n’a aucune espèce d’importance.

    De tout temps, l’homme a créé de nouvelles fleurs, c’est ainsi que sont nées des hybrides aux couleurs chatoyantes et aux formes sophistiquées. Que ne comptons nous pas de diversités dans les rosiers, de toutes les tailles et de toutes les couleurs, comme par exemple des roses vertes mais qui me semblent tellement artificielles.

    Je l’ai dit plus haut, la chlorophylle absorbe toutes les longueurs d’ondes sauf le vert et elle est souvent masquée par les autres pigments ce qui fait qu’il y a peu de fleurs vertes. Pourtant dans la nature, quelques plantes présentent des fleurs vertes, telles les alchémilles très communes dans nos jardins ou encore certaines euphorbes ou hellébores, ce sont certainement les plus connues. On peut encore citer les fleurs de l’érable champêtre, la moscatelline (adoxe muscée) (clic) dont j’ai eu l’occasion de parler, la dorine, la mercuriale, etc... mais la liste n’est pas très longue.

    Fleurs vertes.jpgPersonnellement, en novembre, mon regard avait été attiré par ces espèces de chrysanthèmes dont la couleur verte était bien marquée mais dans ce cas aussi le côté « artificiel » me donnait le sentiment qu’il prenait le dessus sur la beauté de la fleur.

  • LES POIRIERS DE LOUIS XIV

    la-fontainiere-du-roy.jpgJ’avais eu l’occasion dans une précédente note de vous parler des anciens pommiers, le hasard de mes lectures « hivernales » m’a conduit vers les anciens poiriers. En effet, « La Fontainière du Roy » de Jean DIWO, un roman historique, relate l’histoire de la construction du château de Versailles, de ses jardins et de son potager, sous les ordres de Louis XIV.

    Pour rappel de l’histoire : 17 août 1761, le surintendant Fouquet donne une fête éblouissante au château de Vaux-le-Vicomte. Erreur fatale : Louis XIV est jaloux et Fouquet se retrouve en prison. Cette malencontreuse soirée aura une conséquence inattendue : le jeune roi décide de bâtir le château de Versailles. Pour réaliser ce projet colossal, il devra s’entourer des meilleurs artisans – dont Le Nôtre et François de Francine pour les jardins et les fontaines et jean de la Quintinie pour le potager.

    Voici un extrait dans lequel Jean de la Quintinie vante les mérites des poiriers qu’il a planté, Louis XIV étant friand de poires.


    -    Sire, saint Fiacre, le patron des jardiniers m’a aidé à replanter ici à peu près tout ce qui avait si bien poussé dans l’ancien jardin. Les racines comprennent à qui elles ont affaire et, si on borde bien leur nouveau lit de la bonne terre légère qui convient, elles ne demandent qu’à s’installer confortablement et à s’étendre. Nous avons transporté les fruitiers en bacs et ils ne sont même pas aperçus du changement. Si Votre Majesté veut bien me suivre, je vais lui montrer les poires qu’elle trouvera bientôt sur sa table.
    -    Ah ! Monsieur La Quintinie, vous m’avez déjà dit tant de belles choses sur les poires que je vous entendrai encore. Montrez-moi celles dont vous vous occupiez lorsque je suis arrivé, car je vois bien que vous étiez près des espaliers.
    -    Je surveillais le mûrissement des « Virgoulé », Sire.
    -    Tiens, je ne connaissais pas cette variété, et pourtant vous savez que la poire est mon fruit préféré.
    -    Sa Majesté en connaît le goût car elle en a souvent mangé. Cette variété en dispute l’excellence à la Beurrée et à la Bergamote. La Virgoulé n’est plus un fruit rare. On l’appelle Bujaleuf en Angoumois, Virgoulèse en Touraine et Virgouleuse en d’autres régions. Pour celles-ci, nous avons tiré nos greffons du village de Virgoulé en Limousin où apparemment elle avait passé un fort long temps sans éclat, ni plus ni moins qu’une perle dans sa coquille. Mais enfin, elle est sortie de ce village par la libéralité du marquis de Chambret qui en était le seigneur et qui vous l’a donnée sous le nom de Virgoulé.
    -    Montrez-moi donc cette merveille que je goûterai ... quand à propos ?
    -    Dans quelques semaines, Sire. Tenez, regardez cette figure longue, assez grosse, avec une queue courte, l’œil médiocrement grand et un peu enfoncé. La peau est lisse. Cette année, elle sera colorée. si on la prend à propos, la Virgoulé est l’un des meilleurs fruits du monde. Mais avant, Votre Majesté mangera la « Cuisse-Madame », la « Gros Blanquet » et la « Bourdon ». Cette dernière est déjà mûre. Si j’osais, je proposerais à Votre Majesté de la goûter. Un fruit n’est jamais meilleur qu’au cueilli.

    Instruction pour les jardins fruitiers et potagers par Jean de la Quintinie.jpg


    Evidemment comme il s’agit d’un roman, j’ai voulu vérifier qu’elle était la part de vérité et d’imagination dans ce paragraphe. Et en fait tout est exact, les variétés de poires citées sont tout à fait réelles et figurent bien à cette époque dans le potager de Versailles.
    J’ai retrouvé également un extrait de livre : « Instructions pour les jardins fruitiers et potagers » écrit par Mr de la Quintinie, directeur des jardins fruitiers et potagers du Roy, dans lequel il évoque ces poires et particulièrement dans ce paragraphe la « Gros-Blanquet ».

    Poire packham's triumph.jpg
    Et comme le hasard fait bien les choses, j’ai eu l’occasion de passer quelques instants chez un producteur de fruits dont le domaine se trouvait sur ma route. Un accueil chaleureux et une certaine fierté certainement de me présenter son entreprise, et notamment ses 8000 poiriers et ses 23 hectares de pommiers, soit environ 35000 arbres.
    Des étendues dont on ne voit pas la fin et qui semblent s’étirer à l’infini. Et pour clôturer cette agréable visite, je repars avec une énorme poire « Packham’s triumph » pesant près de 600 grammes et une très belle pomme rouge "Idared".

    Poiriers Packhams's triumph 2.jpg
    Et pour avoir une bonne idée du nombre de variétés de poires, je vous invite à visiter ce site : http://www.pommiers.com/poirier/poire.htm . De même pour compléter cette note sur les poires et les poiriers, un excellent article parue sur le blog « Les jardins de pomone ».

    KISVARDA.jpg



  • LE MONDE MYSTERIEUX DES CHAMPIGNONS

    Champignon 3.jpgPour moi, s’il y a un monde particulièrement bizarre et varié, c’est bien celui des champignons, tant les formes, les structures et les couleurs sont variables presque à l’infini. Tellement nombreux qu’on parle de 1,5 millions d’espèces !
    Il y a les champignons courants, reconnaissables assez facilement, je pense aux bolets, aux cèpes, aux pleurotes, aux pieds bleus, etc. quand je dis reconnaissables facilement, je m’avance un peu car il en est qui se ressemblent tellement qu’il vaut mieux faire confiance aux mycologues avertis.

    Autre bizarrerie pour moi, c’est tout le vocabulaire qui y est associé, de quoi faire un très long lexique, exemples :
    fagicole : se développant sur ou avec les hêtres
    fimbrié : découpé d'une manière fine et irrégulière, effiloché (chapeau)
    guttulé : marqué de petites taches arrondies, d'une autre couleur que le fond
    méchuleux : orné de petites mèches
    papyracé : de consistance rappelant le papier
    villeux : courtement et densément poilu, etc.

    Champignon.jpg


    Le champignon est avant toute chose une moisissure aux propriétés et aux qualités bien diverses, il y a les plats délicieux aux champignons des bois, les champignons médicinaux qui permettent de lutter contre les virus et autres bactéries, les champignons parasites qui vivent aux dépens des arbres, des plantes ou des animaux, les champignons hallucinogènes, etc.Champignon 2.jpg
    Il faut savoir aussi que le champignon accumule les toxiques du milieu où il prospère, c’est à dire les métaux lourds, les pesticides, les engrais, les fongicides, il s’agit donc d’être prudent quant aux endroits pour y faire la cueillette, attention aux bords des routes, aux prés traités, aux dépotoirs, etc.
    Les milieux certainement les plus propices sont sans conteste les bois et les forêts, surtout s’ils contiennent les essences d’arbres favorables, ainsi dans un environnement constitué de feuillus et de conifères une très grande diversité y est présente : cèpes, chanterelles, morilles, etc.

    Je parlais de la taille des champignons, ainsi  ils peuvent être microscopiques ou géants comme ce spécimen découvert en Chine en 2011, qui constitue le plus grand jamais  répertorié, soit 10,85 mètres de long, 82 centimètres de large et environ 0,5 tonne. Il s’agit d’un champignon de l’espèce F.ellipsoidea, un polypore vivace qui se développe sur le bois mort et d’après les chercheurs il possèderait 450 millions de spores destinés à produire les générations futures.
    Et s’il est comestible, quelle omelette !

    Etant incapable de reconnaître la moindre espèce, mon regard est surtout attiré sur les champignons aux formes et aux couleurs particulières et notamment ceux qu’on trouve sur les souches d’arbres ou carrément sur les troncs eux mêmes. Ce sont deux espèces de ce type que je présente mais ne me demandez pas leurs noms !



  • LA NATURE NOUS SAUVERA

    Je pensais tout d’abord publier une note concernant la beauté de la nature en sélectionnant quelques photos prises durant l’année écoulée, soit des macros, soit des photos qui mettent en évidence des détails de plantes, de fleurs ou d’insectes. Des photos qui montrent l’extrême complexité de ces plantes qui renaissent années après années.
    Mais en réfléchissant à ce que j’allais écrire, il m’a semblé évident d’élargir le sujet en évoquant non seulement la beauté de la nature par des images mais également l’importance de la nature dans notre vie et plus précisément d’un point de vue nutritionnel surtout quand on pense à la famine dans le monde.

    A 5.jpg
    Il y a notamment un ouvrage publié par François COUPLAN, intitulé « La Nature nous sauvera » avec en sous-titre « réponses préhistoriques aux problèmes d’aujourd’hui ».
    Les plantes, source de vie...
    « Depuis que l'homme est sur terre, il utilise les plantes qui poussent autour de lui pour se nourrir et se soigner.
    Il est temps de redécouvrir ces végétaux trop longtemps oubliés, dont nous pouvons mettre à profit les multiples vertus dans notre vie quotidienne. »
    François COUPLAN   http://www.couplan.com/

    A 6.jpg
    Ethnobotaniste, docteur ès sciences du Muséum National d'Histoire Naturelle, François Couplan enseigne la manière de vivre dans la nature, en autonomie, sous forme de stages pratiques sur le terrain. Il est le créateur de la " survie douce " permettant de vivre en harmonie avec le milieu naturel.
    Très jeune, il réalise que pour s’épanouir, il devra être indépendant. Et cette indépendance passe par l’alimentation. « A partir du moment où j’ai pris conscience que je pouvais me nourrir de plantes sauvages, je n’ai eu de cesse de vérifier que je pouvais réellement acquérir cette indépendance dans ma vie quotidienne ».

    A 7.jpg
    Cette démarche l’a mis en contact avec d’anciennes cultures dont les membres vivent encore comme dans la préhistoire.
    Avant le néolithique, soit pendant environ quatre millions d'années, l’homme s’est nourri de plantes sauvages. La cueillette s'est maintenue très longtemps, en même temps que l'agriculture. C'est une tradition qui s'est perdue depuis peu. Pourtant, si l'on regarde le problème en face, la nature fournit une abondance de plantes qui suffiraient largement à nourrir la population mondiale.

    A 15.jpg
    François Couplan nous  propose une approche révolutionnaire de la vie : nous inspirer de nos origines, dont il dit qu’elles ne furent ni affamées, ni austères, mais pleines de santé. Selon lui, les véritables causes de la crise écologique remontent bien avant l’industrialisation : à la révolution néolithique, c’est-à-dire à l’invention de l’agriculture, mère de la civilisation, mais aussi de la guerre et de la famine.
    « Malgré l’abondance et la variété de son alimentation, l’Occidental moyen est fortement carencé en ce qui concerne les sels minéraux, les oligo-éléments, les vitamines, les flavonoïdes et les antioxydants qui ralentissent le vieillissement cellulaire. Ces substances indispensables à la santé font défaut dans les produits raffinés, les aliments industriels et les légumes ou les fruits cultivés de façon intensive ». L’ortie contient sept fois plus de vitamine C que les oranges et les feuilles de pissenlit sont aussi riches en provitamines A que la carotte…

    A 12.jpg
    Ces exemples, il peut les multiplier, il devient intarissable lorsqu'il s'agit de décrire le goût d'huître de la bourrache dont on peut tirer « le vin des dieux », ou l'arôme de champignon qui se dégage du plantain lorsque l'on froisse ses feuilles pendant quelques instants. Cette plante médicinale de première importance dans la trousse de secours de la nature ne se contente pas de désinfecter, d'aider à la cicatrisation et de dissoudre le venin : elle parfume aussi subtilement les potages et les plats. Les recherches montrent qu’une plante sauvage contient dix fois plus d’éléments bénéfiques à la santé qu’une plante cultivée.

    A 13.jpg
    Dans certaines régions, comme en Crète, la tradition de la cueillette est encore fortement ancrée dans les habitudes. Base du fameux régime crétois, la consommation de plantes semble un gage de santé.
     Alors, prêts pour un régime essentiellement fait de plantes sauvages et pourquoi pas avec un accompagnement d’insectes dont la valeur nutritionnelle en protéine est excellente ?



          "C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas"

                                                      Victor HUGO



  • LES ANCIENS POMMIERS

    En Belgique comme dans d’autres pays, certaines régions sont connues pour leurs vergers et leurs pommiers ou poiriers. C’est le cas en province de Liège du pays de Herve qui est l’héritier d’une tradition fruitière vieille de deux siècles. C’est ainsi que dans le passé, les habitants de ces régions ont développé des variétés locales car leur production était une source de revenus non négligeable. Plusieurs centaines de variétés ont ainsi été créées.

    Malheureusement au début des années 1970, l’Union Européenne a octroyé des primes à l’arrachage qui font que pas mal de vergers ont disparu et par la même occasion toutes les variétés locales de pommes. Il ne reste plus que quelques vestiges de vieux arbres laissés à l’abandon et qui sont là comme les témoins d’une époque révolue.

    Pommier.jpg
    Paradoxalement, maintenant on importe des pommes chargées de pesticides de pays lointains, voire d’autres continents et ce au prix de tonnes de kérosène brûlés par les avions pour leur transport. Merci la pollution, merci le réchauffement climatique  et tant pis pour la biodiversité et pour tous les insectes et oiseaux associés.


    Certaines associations œuvrent à la conservation de ce patrimoine naturel, c’est le cas des « Amis de la Terre », qui notamment au pays de Herve ont créé un verger conservatoire - « Li wêde del bèle-fleûr » , verger qui compte près de 140 hautes tiges.  Ils dispensent en plus tous les conseils généraux pour aménager un verger, et les informations nécessaires au choix des variétés à planter. La plupart des pommes alimentaires sont de l'espèce Malus pumila qui compte plus de 20 000 variétés à travers le monde.arbres fruitiers,pommiers


    Quand on pense que dans nos grandes surfaces, on ne trouve plus que 5 à 6 variétés alors qu’il en existe plusieurs centaines et qui portent parfois des noms qui sentent bon le terroir, telles que : Grenadier, Reinette Evagil, Président Roulin, La Paix, Transparente de Lesdain,  Godivert, Cwastresse double, Reinette de Blenheim ou encore Radoux clic.


    C’est cette dernière variété que j’avais plantée au jardin il y a quelques années, elle m’avait été conseillée par un pépiniériste. Elle répondait à la définition suivante : La variété fournit une pomme de calibre moyen, très colorée de rouge vif, à maturité d'octobre à décembre. Elle se révèle très fertile et souvent alternante. La chair blanche, sucrée, acidulée est à croquer jusque fin novembre. Cette variété provient du pays de Liège. Elle a été obtenue par M. Radoux à Haccourt vers le milieu du 19e siècle et a été mentionnée pour la première fois en 1873.


    Voilà pour ma petite contribution à la conservation des espèces, mais si toutes ces petites contributions sont multipliées par le nombre d’amateurs de jardin ou de biodiversité, le résultat est loin d’être négligeable.

    Pommier 1.jpg
    En Europe, le pommier est évoqué depuis la plus haute antiquité. Par exemple le pommier figure parmi les arbres que fit planter le pharaon Ramses II dans son jardin du delta (1301/1235 avant J.C.).
    Tandis qu’aux Etats-Unis, ce sont les anglais qui débarquèrent à bord du Mayflower et qui fondèrent Plymouth en 1620 au Massachussets qui y apportèrent les premiers pommiers.
    Pour la légende, John Chapman, plus connu sous le nom de Johnny Appleseed (Johnny pépin de pomme) est considéré comme un des pionniers qui a introduit et planté de nombreuses variétés dans les régions de l'Ohio, de l'Indiana et de l'Illinois.
     

  • PLATANES REMARQUABLES

    Platane strasbourg.jpgS’il y a un arbre qui ne passe pas inaperçu, c’est bien le platane, tout d’abord grâce à son écorce qui s’écaille mais aussi par ses formes et ses proportions qui peuvent être très imposantes.
    Le plus répandu, c’est le platane commun, celui qui est utilisé comme arbre d’alignement, on le trouve un peu partout, au bord des rues ou sur les places publiques.
    Des spécimens fossiles ont été datés de la période antérieure du Crétacé, soit plus de 100 millions d'années et on estime que le platane a une durée de vie variant de 500 à 2000 ans.
    Une caractéristique commune à tous les platanes est l’écorce qui pèle et qui laisse donc voir un tronc pommelé. Ce phénomène est uniquement dû au manque de souplesse de l’écorce qui ne s’adapte pas à l’évolution du tronc.

    Il existe 6 à 10 espèces de platane et parmi celles-ci, il y a le platane à feuille d’érable (platanus acerifolia) qui a fait l’objet de multiples boutures, en son temps j’avais eu l’occasion de parler de l’espèce « alphens globe » (clic).

    Pas mal de platanes remarquables sont répertoriés dans le monde, pour en citer quelques uns, il y a parmi les « connus :
    Le platane d’hippocrate : arbre sous lequel, selon la légende, il aurait enseigné à ses élèves la médecine. Il est situé sur au centre de la ville de Cos, sur l’île du même nom. Cet arbre est âgé d’environ 500 ans soit bien trop jeune pour être contemporain d’Hippocrate mais il est possible qu’il soit un descendant du platane originel.

    En France, le plus gros platane serait celui du Château de fervaques (clic) dont la circonférence à 1m50 du sol serait de plus de 12 mètres.
    Un autre platane remarquable est le « Géant de Provence » (clic), un arbre tricentenaire dont on dit qu’il a été planté par Catherine de Médicis.
    Dans l’Est de la France et plus particulièrement dans les Vosges, un autre platane âgé de 200 à 250 ans, est classé parmi les arbres remarquables, il s’agit du Platane de Lutterback. (clic)

    platane arcs.jpg

    Au niveau de la Mythologie, le Platane, arbre de vie est notamment associé à Gaîa, déesse mère de la Terre ou encore à Tanit, déesse de la fertilité. Dans la mythologie grecque, le platane est symbole de la régénération et sa feuille en forme de main est la manifestation de la présence divine.
    Le caducée des médecins, attribut du dieu grec Asclepios, est une baguette de platane autour de laquelle s’enroulent deux serpents (la mue du serpent est semblable à la « mue » de l’écorce du platane).