NATURE ET JARDIN - Page 4

  • SOLIDAGE DU CANADA

     

    Solidage du Canada 3.jpgElle colonise très rapidement les terrains en friche, elle en devient même très souvent une plante invasive. Pour le moment elle décore d’un très beau jaune le paysage naturel, je veux parler du Solidago canadensis ou Solidage du Canada, connue aussi sous les noms de « Verge d’or du Canada » ou encore « Gerbe d’or ».

    Comme son nom l’indique, elle est originaire d’Amérique du Nord, on l’a trouve dans tous les provinces canadiennes, aux USA et en Europe centrale.

    Par son système de rhizomes souterrains, le Solidage du Canada peut produire des densités de tiges très denses allant jusqu’à  300 tiges/m², chaque tige pouvant produire 20.000 graines  voilà l’explication de son expansion.Solidage du Canada 1.jpg

     Si elle devient envahissante, elle n’est pourtant pas dépourvue de qualités, la distillation à la vapeur de ses fleurs donne une huile essentielle aux multiples vertus.

    Ses actifs principaux sont les terpènes – classe d’hydrocarbures composants de la résine et de l’essence de térébenthine – et l’acétate de bornyle qui est notamment utilisé comme additif alimentaire, en parfumerie et dans l’industrie du tabac pour son odeur typique et fraîche de résineux.

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     Parmi ses indications, on note principalement son utilisation pour le traitement de l’artérite, de la péricardite et de l’endocardite. Elle est anti-inflammatoire et décontractante, elle calme l’excès de nervosité et diminue l’hypertension, elle soulage certaines névrites d’origine nerveuse. Et secondairement elle stimule légèrement le foie et l’activité rénale.

     Solidago signifie littéralement : « je rends entier », « je consolide », ce serait sur base de la réputation de la fleur à favoriser la guérison des plaies que Linné donna à la verge d’or son nom scientifique.

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     C'est également une des plantes mellifères les plus communes d'Amérique du Nord. Le goût de son miel se situe à mi-chemin entre celui du miel de trèfle et celui du miel de sarrasin. Comme c'est le cas pour tous les types de miel, il concentre une partie des principes actifs de la plante et peut donc jouer un rôle non négligeable dans l'organisme.

  • HERBE ANGOUMOISINE

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    Pour continuer la série des grandes cultures en fleurs, après le tournesol, voici le tabac, sa floraison n’est pas aussi spectaculaire mais néanmoins elle ne passe pas inaperçue.

     Qui pense tabac, pense naturellement à nicotine et à Jean Nicot. Pourtant l’histoire du tabac et de sa nicotine n’est pas aussi simple que ça. C’est sans doute Christophe Colomb qui lors de son expédition en Amérique en 1492 découvre le tabac et l’introduit en Europe à la cour espagnole et portugaise. A cette époque, le tabac est simplement utilisé comme plante ornementale.

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     En France, c’est un moine-explorateur d’Angoulême, André Thevet qui lors d’une expédition avec le vice-amiral Villegagnon en 1555 ramena une plante alors inconnue, appelée « Pétun » par les indigènes et qu’il baptisa « herbe angoumoisine », c’était notre tabac.

     André Thevet qui se faisait appeler l’angoumoisin, rédige en 1557 un ouvrage intitulé « Les singularités de la France antarctique », ouvrage dans lequel il décrit pour la première fois ses découvertes ramenées du Brésil : le paresseux, le tapir, le manioc, l’ananas, l’arachide et le tabac. 

     Le terme « Pétun » est d’ailleurs utilisé dans la fameuse tirade des nez de « Cyrano de Bergerac » : « Ça, monsieur, lorsque vous pétunez, la vapeur du tabac vous sort-elle du nez, sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ? ».

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     Mais alors pourquoi nicotine et pas thevetine ?

     En 1559, le roi François II nomme Jean Nicot ambassadeur de France au Portugal et durant son séjour, il plante dans le jardin de l’ambassade des graines de tabac reçues d’un marchand flamand. Le tabac ne se fume pas encore, il se prise, cela fait éternuer, ce qui est bien la preuve qu’il chasse les humeurs malsaines !

     En 1560 Jean Nicot fait parvenir à Catherine de Médicis, la mère de François II de la poudre de tabac et ce afin de soigner les migraines persistantes de celui-ci. Le tabac est alors appelé « Herbe à Nicot » ou encore « Herbe à la Reine ». Il est alors essentiellement utilisé comme médicament sous forme de poudre.

     Tout cela ne plaît évidemment pas à André Thevet qui est alors cosmographe c’est à dire géographe officiel du roi, il ne s’en cache pas et parle d’usurpation. Ainsi dans sa « Cosmographie universelle », il écrit ceci : "Je puis me vanter avoir este le premier en France qui a apporte la graine de cette plante, et pareillement semé et nommé ladicte plante l'Herbe Angoumoisine. Depuis, un quidam qui ne fit jamais le voyage, quelque dix ans après que je fusse de retour de ce pays lui donna son nom."

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    A l’état sauvage, il existe une soixantaine d’espèces de tabac dont le taux de nicotine varie de 1 à 10%. Le tabac cultivé est à 90% de la variété nicotiana tabacum, le reste étant de la variété nicotiana rustica. Le tabac est désormais cultivé dans le monde entier pour une production totale de 6 millions de tonnes/an dont une majeure partie sert à la fabrication de plus de 5000 milliards de cigarettes.

    Pour agrémenter nos jardins, il y a le "tabac ornemental" ou "Nicotinia Sylvestris" dont j'avais parlé en son temps, pour revoir cette note, cliquezIci.

  • TOURNESOL

     

    Tournesol 1.jpgEn ce moment les Tournesols (Helianthus annuus) sont en pleine floraison, ils nous offrent des paysages spectaculaires d’un jaune éclatant comme si des milliers de soleils sortaient de terre.  Voilà une plante très intéressante a plus d’un titre !

     

     En alimentation humaine, ces grands champs de culture  vont servir pour la plupart à fabriquer de l’huile de tournesol ou à récolter les graines qui seront consommées torréfiées, c’est le cas dans certains pays méditerranéens. Les graines de tournesol sont riches en protéines, en calcium, en phosphore, en fer, en potassium et en vitamine E. Elles pourront remplacer avantageusement les cacahuètes salées que l’on grignote à l’apéritif ou devant sa TV.

     Dans certains pays, principalement en Russie, en Ukraine et en Roumanie, les graines sont utilisées pour produire le Halva qui est une espèce de confiserie très sucrée.

     En alimentation animale, les graines sont utilisées pour nourrir les perroquets mais aussi font partie des mélanges destinés, en hiver, à nourrir les oiseaux de nos jardins tels que les mésanges et les moineaux.

    La plante, récoltée avant maturité, deviendra un bon fourrage et les résidus de broyage pour obtenir l’huile, les tourteaux riches en protéines, serviront à l’alimentation du bétail.

    Sans oublier également que c’est une plante mellifère appréciée de nos abeilles. Tournesol 3.jpg

     L’huile de Tournesol est également un excellent agrocarburant ou biocarburant qui peut être utilisé dans les moteurs diesels. Son rendement serait 6 fois supérieurs au gasoil et d’un point de vue écologique, il n’y a aucun rejet de soufre et jusqu’à 3 fois moins de CO2 produit à la combustion. Pour la petite histoire, il faut savoir que les prototypes des moteurs inventés par Rudolf Diesel fonctionnaient à l’huile végétale, et cela se passait dans les années 1890 bien avant qu’on ne s’inquiète vraiment de la pollution, de la couche d’ozone et de l’écologie en général.

    Autre qualité de notre tournesol, c’est une plante dépolluante qui absorbe les radioisotopes (atomes dont le noyau est radioactif) de strontium et d’uranium.

    La production mondiale de graines de tournesol se situe actuellement aux environs de 30 millions de tonnes, les principaux producteurs sont la Russie, l’Ukraine, l’Argentine et le France.

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     Dans les jardins d’agrément ou dans les potagers, le tournesol qui trouvera bien place dans un coin ou l’autre constituera un point d’attraction spectaculaire qui demande bien peu de soins. Il aime évidemment les climats chauds et secs, il ne demande pratiquement pas d’eau et sa croissance est extrêmement rapide. Ce sont des graines idéales pour planter avec ses enfants qui verront très rapidement sortir du sol une petite pousse et deux feuilles. L’observation au jour le jour est elle aussi un motif de fascination, l’évolution est rapide  et les étapes de développement assez étonnantes. Tout d’abord, le cœur de la fleur est constitué de petites boules vertes, ensuite apparaissent des espèces de poils jaunes qui quand ils tomberont laisseront voir les graines qui seront alors à maturité et de couleur brunâtre. En septembre, il est temps de couper les têtes et de les mettre à sécher, quelques jours plus tard les graines pourront être détachées facilement.

     Le tournesol comme son nom l’indique a la capacité de s’orienter par apport à la lumière, c’est ce qu’on appelle le phototropisme. Ce phénomène est très visible surtout quand il est jeune et qu’il pousse très vite au cours de la journée. Il se fait que l’hormone responsable de l’élongation des cellules, l’auxine,  se concentre à la base des fleurs et en particulier du côté ombragé de la tige. Le côté à l’ombre pousse ainsi plus vite que le côté au soleil, et par conséquent la tige se déforme en fonction du mouvement du soleil et donne l’impression que la fleur à quelque attirance pour notre étoile.

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     Une légende de la mythologie grecque raconte qu'Apollon, dieu du soleil, a eu pour maîtresse Clytie,  supplantée par Leucothoé celle-ci dénonce cette liaison à son père, Océan qui pour laver son déshonneur enterre sa fille vivante. Apollon trahi, abandonne Clytie qui se laisse dépérir. Désespérée, elle s'assit nue sur les rochers et y demeura durant neuf jours, sans eau ni nourriture, tournée vers le soleil, suivant du regard la course du char de son bien-aimé. Touché par son désespoir, Apollon la métamorphosera en Tournesol car elle était toujours tournée vers le soleil.

     Etonnant quand on sait que le Tournesol qui était cultivé par les amérindiens a été importé en Europe au XVI ème siècle par les espagnols.

    je pense qu’il y a certainement eu une erreur d’interprétation, car certains textes parlent non pas de tournesol mais bien d’héliotrope, plante qui doit son nom au fait que ses feuilles se tourneraient vers le soleil.

     

  • TROMPETTE DE VIRGINIE

    "Imaginer de loin, qu'un bignonier sonne ici de toutes ses trompettes rouges, la gloire de la canicule et le retrouver, tel que je l'exigeais, furibond de fleurs… ainsi recommencent en juillet les paisibles miracles d'un jardin de Provence."  Colette (1873 - 1954)

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     Voilà une plante intéressante, spectaculaire par sa floraison et par son feuillage touffu, une plante idéale pour couvrir un mur, une clôture ou une pergola. Je veux parler de la Bignone ou Campsis Radicans.

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    C’est avant toute chose une plante grimpante qui comme le lierre s’accroche grâce à ses racines adventives et par conséquent, en principe, pas besoin de prévoir un support. Une plante extrêmement vigoureuse qui peut grandir rapidement jusqu’à 8 à 10 mètres mais qui demande quelques années avant de fleurir abondamment.

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     Il est possible également de la contenir en buisson en la taillant régulièrement, elle devient alors une très belle garniture de clôture, de barrière d’entrée, etc. en donnant un petit air exotique, voire tropical avec ses fleurs en forme de trompette. Souvent oranges, parfois écarlates, elle existe aussi dans bien d’autres teintes, jaunes, blanches, bicolores, etc.

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     Elle est appelée également jasmin de Virginie (elle est originaire du Sud-Est des Etats Unis) ou Jasmin trompette, c’est avant tout une plante de soleil mais qui est très rustique puisqu’elle peut résister à des températures de -20°C.

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    Bignone 6.jpgLe nom Bignone a été dédié par Joseph Pitton de Tournefort (botaniste français) en 1694 à Jean Paul Bignon homme d'Église français, grand commis de l'État, prédicateur de Louis XIV et bibliothécaire du roi.

  • ARBRE A SOIE

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    Voici un arbuste avec une belle floraison,  et d’après mes recherches il s’agirait d’un « Calliandra  Parvifolia »  ou encore « Arbre aux houppettes ». Il s’agirait donc d’un arbuste des régions tropicales, pourtant je suis loin du Brésil ou de l’Uruguay, mais les micro climats offrent parfois bien des surprises. C’est en comparant des photos que je suis arrivé à cette conclusion mais c’est sans certitude, donc toutes les suggestions sont les bienvenues !

    Tout ce que j’ai pu obtenir se résume à ceci : Signification : du grec : "belles étamines".

    Il existe de nombreuses espèces et variétés de calliandras mais on a souvent du mal à les trouver.

    Et comme je n’ai pas trouvé d’autres informations sur cet arbuste, je vais laisser parler les photos.

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    Les réactions des spécialistes ne se sont pas faites attendre et je remercie Alain NOEL, Anne Marie et Berthille d'avoir rectifié rapidement mon erreur d'identification, il s'agit effectivement de l'Albizia Julibrissin, appelé aussi Arbre à Soie ou Acacia de Constantinople. Pour tout savoir sur cet arbre, cliquez sur le lien suivent : Albizia Julibrissin.Calliandra parvifolia 4.jpg

  • BALADE CHAMPÊTRE

    Certains aiment visiter les beaux jardins et je suis de ceux-là. Il y a ceux qui préfèrent les jardins à l’anglaise avec leur joyeux fouillis organisé, d’autres les jardins à la française avec leur géométrie étudiée.

    Le jardin à l’anglaise n’est finalement qu’une imitation de la nature, il essaie d’en reproduire son côté sauvage, de donner des perspectives plutôt poétiques, de donner des sensations en fonction des floraisons, des saisons, etc.... Quand je dis « qu’une imitation », loin de moi de minimiser le côté créatif de ses concepteurs, que du contraire car en fait il s’agit de reproduire des scènes de la nature sur un espace restreint et donc de proposer à nos yeux ce que la nature nous offre sur des surfaces bien plus étendues.

    Bon nombre d’amateurs vont régulièrement dans le Sussex et dans le Kent à la découverte de merveilleux jardins anglais ce que jusqu’à présent je n’ai pas eu l’occasion de faire.

    Le jardin à la française est plutôt l’antithèse du jardin à l’anglaise, il apporte par sa géométrie, par sa symétrie ce que la nature ne nous donne pas, l’opposition du naturel et de l’artificiel. Qui n’est pas ébloui par les jardins du château de Versailles ou de Vaux le vicomte.

    On pourrait parler aussi des jardins à l’italienne, surtout de la région de Florence, avec leur géométrie, leurs statues et souvent leur labyrinthe.

     Quand on aime la nature, je pense qu’on aime tous les types de jardins mais que chacun a une préférence pour l’un ou pour l’autre. Personnellement, le jardin que je préfère c’est le jardin du bon Dieu, c’est à dire la nature sauvage et intacte.

    Lors d’une récente balade champêtre, j’ai pris le temps de m’arrêter régulièrement, d’observer, d’écouter, de voir vivre la nature. Sur un petit parcours de 14km, c’est fou ce que j’ai pu voir comme diversité dans les arbres, les graminées ou fleurs « sauvages ». Je pensais ramener quelques photos pour agrémenter le blog, j’en ai eu à satiété. Champêtre 14jpg.jpg

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    Quel bonheur au détour d’un chemin de voir un lapin détaler devant ce qu’il croyait une menace, d’observer un papillon sur une fleur, d’entendre le bourdonnement des insectes mellifères et les chants des oiseaux.

    Et quand vous rentrez à la maison, vous pouvez vous adonner à un autre exercice assez passionnant lui aussi, trouver le nom des toutes ces plantes. Il y en a de très faciles comme les coquelicots, les bleuets, les linaires et autres camomilles, et puis il y a toutes les autres à retrouver parmi les documentations, les livres que tous nous possédons ou encore via internet.

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    Voilà un exercice qui peut prendre du temps et parmi les quelques fleurs que je vous propose, j’ai notamment  trouvé le « Muscari à Toupet »  et « l’Asclépiade de Syrie », parce qu’elles ont une forme particulière et sont par conséquent plus faciles à identifier.

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  • FLEURISSEMENT A GOGO

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    Le fleurissement des maisons et des villes a chaque année un succès grandissant, particuliers et communautés se démènent pour nous offrir des décors on ne peut plus charmants.

    Les villes et communes encouragent de plus en plus les particuliers a fleurir leurs maisons et leurs jardins afin d’apporter leur contribution à la beauté de leur municipalité. C’est le cas en France avec le Conseil national des villes et villages fleuris. Le concours se tient chaque année, il récompense les villes et villages les plus fleuris de France.

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    Cette année 6 communes ont accédé à la 4ème fleur, et sont venues rejoindre les 212 autres cités qui étaient déjà détentrices de ce label : Avoine (Indre et loire), Blanquefort (Gironde), Boussière sur Sambre (Nord), Holtzheim (Bas-Rhin), Perpignan (Pyrénées Orientales) et Trélazé (Maine et Loire).

    Chaque année le label « Fleur d’Or » est attribué à une ou plusieurs villes, c’est la plus haute distinction possible en matière de fleurissement, pour 2011 ce sont Aix les Bains (Savoie), ville de 28000 habitants  et Fraïsse sur Agout (Hérault) un village de 352 habitants  qui ont reçu ce prix.

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    Il faut dire qu’à cette époque de l’année les pépinières regorgent véritablement de plantes de toutes sortes et de toutes les couleurs. Pas besoin de grand discours, ces quelques photos parlent d’elles mêmes.

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  • SUREAU, L'ARBRE AUX 400 NOMS

    Il y a de ces coïncidences dans la vie qui me font un peu penser à certains rêves prémonitoires, ..... pur hasard ? Il se fait que le lendemain de la publication de ma note précédente concernant le sureau noir, pour la première fois de ma vie, j’ai trouvé sur mon chemin plusieurs vergers dédiés à la culture du sureau.

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    Renseignements pris, ils sont cultivés pour récolter les baies noires qui serviront à fabriquer un colorant  naturel. Comme j’ai pu le remarquer, les troncs ne sont plus très jeunes car d’une belle circonférence et les branches sont taillées chaque année. Des arbres donc d’une petite taille pour une récolte très facile.

    Comme ma note précédente a suscité un intérêt certain, j’ai investigué un peu plus sur les propriétés tellement nombreuses de notre Sureau noir.

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    C’est ainsi que j’ai trouvé qu’en France, il existe un verger dans le Maine créé en automne 2010 par un agriculteur de Vautorte lequel a planté sur près de trois hectares, 1500 pieds de sureau afin de fournir les quantités utiles de fleurs et de fruits pour la production  de « Délices du Maine » (clic) : gelées, sirops, liqueurs et confits.

     J’ai découvert également que nos ancêtres les gaulois utilisaient déjà le sureau pour teindre leurs étoffes en bleu ou en mauve, ou encore qu’on peut en fabriquer des encres  pour l’écriture  (je me souviens à l’école primaire de ces plumes ballons qu’on trempait dans l’encrier intégré dans le banc de bois et qui laissaient de belles traces sur les doigts).

    Mais finalement il y en a qui en parlent bien mieux que moi, des livres sont consacrés à cet arbuste rempli de qualités. Il y particulièrement Bernard Bertrand qui a publié deux livres aux éditions « Terran », le premier « Saveur de sureau » et le second « Sous la protection du sureau », une manière de tout savoir sur notre phénomène.

    sous-la-protection-du-sureau 2.jpgTiré de ce dernier livre, une recette de teinture :

     Ecraser 2 kg de fruits dans une bassine

    Ajouter 8 litres d'eau et 2 verres de jus de citron

    Faire macérer 12 heures

    Ajouter les fibres mordancées et mouillées

    Le mordançage consiste à appliquer un mordant sur les fibres par exemple de l’alun.

    Chauffer à feu doux jusqu'à 90 degrés

     Laisser refroidir dans le bain

    Rincer à l'eau froide et faire sécher à l'ombre

  • SUREAU, LE PHARMACIEN DE LA MAISON

     Sureau 5.jpgVoici l’époque du Sureau Noir (Sambucus Nigra), on le voit fleurir un peu partout, à l’état sauvage le long des routes, dans les campagnes ou encore implanté dans le décor d’un jardin ou d’une maison. Un arbre d’une très grande vitalité qui supporte qu’on le coupe, qu’on le taille et qui semble repartir de plus belle en générant de nouvelles pousses toutes vertes.

    C’est un arbre qui est déjà mentionné par Hippocrate, Dioscorides et Pline l’ancien au Vè siècle avant JC. Il faut lui reconnaître outre ses qualités décoratives, même si elles ne sont pas exceptionnelles, de multiples qualités dans des domaines aussi variés que la santé ou la cuisine.

    Parlons d’abord un peu « Santé », ne dit-on pas : « Celui qui a la santé est riche sans le savoir », et notre Sureau est de ce côté là un champion toutes catégories.

    Traditionnellement le vin de sureau était utilisé pour soigner la grippe et les conséquences de refroidissements. Galien, médecin grec de l’antiquité (131-201), considéré comme le père de la pharmacie, le recommandait contre les catarrhes et les excès de mucus.

    Des études scientifiques menées en Israël et au Danemark sur un groupe d’individus ont démontré que des extraits de Sureau noir avaient une influence significative sur le traitement de l’influenza dont la durée diminuait d’environ 4 jours.

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    D’autres expériences, notamment menées par le Dr Porta un endocrinologue autrichien, démontrent que le Sureau et ses extraits riches en anthocyanines sont capables de diminuer le stress. Ce mal de vivre de notre époque où les valeurs matérielles semblent plus importantes que les valeurs humaines, serait donc combattu simplement avec des extraits naturels et au diable tous ces médicaments chimiques aux effets secondaires insoupçonnés.  Le Dr Porta décrit ainsi ses découvertes : “ Nous avons donné à ces gens du sureau pendant seulement dix jours. Nous les avons ensuite soumis à des tests classiques de stress et les résultats ont été remarquables. Je les ai vérifiés encore et encore. ”

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     Ses propriétés sont dans toutes ses composantes, écorce, feuilles, baies et fleurs. Pas étonnant qu’on l’ait affublé de multiples noms : « Le protecteur du foyer », « Le pharmacien de la maison », « L’arbre aux fées », etc...

    Déjà connu et consommé à l’âge de la Pierre, on a retrouvé des traces de baies sur certains sites magdaléniens (dernière phase du Paléolithique supérieur européen, comprise entre environ -17 000 et -10 000 ans) en Suisse et dans le Nord de l’Italie, il accompagne donc l’homme depuis des millénaires.

    De son écorce (pas la partie brune visible, mais bien la partie verte sous-jacente) on en tire des substances riches en nitrate de potasse, en tanin et en acide valérianique, autant d’éléments aux propriétés diurétiques et laxatives. Une décoction d’écorce de sureau est efficace contre la rétention d’urine, les rhumatismes, la goutte et les coliques néphrétiques.Sureau 4.jpg

    De ses feuilles, on peut faire un purin pour combattre le mildiou et les pucerons, il éloignerait aussi les mulots et autres campagnols. Les feuilles fraîches, pas toujours agréables à l’odeur, apaisent les contusions, soulagent les maux de dents ou encore stoppent les petites hémorragies nasales.

    De ses fleurs on en fait un sirop très rafraîchissant dans les chaleurs de l’été, elles entrent également dans la préparation de desserts, elles sont appelées « vanille du pauvre ».

    De ses baies on en préparera des confitures, du vin ou encore du sirop. Le jus de Sureau noir entre dans la composition des encres alimentaires servant à estampiller nos quartiers de viande, c’est aussi un excellent colorant alimentaire.

     Me voilà encore un peu plus convaincu que la nature recèle tout ce qu’il faut pour prévenir ou soigner bien des maux.

    Voyons à présent, le côté botanique de notre petit arbre dont la taille varie de 2 à 10 mètres et dont la longévité est de plus de 100 ans. Il doit être placé au soleil ou à demi-ombre, pas question d’en trouver au coeur de la forêt. Ses branches sont creuses et par  conséquent elles sont fréquentées par de nombreux insectes qui peuvent y trouver refuge. Son bois tendre et creux est idéal pour fabriquer de petites flûtes, d’ailleurs c’est de là que provient son nom (Sambucus nigra), sambûke signifie en grec « flûte ». Les druides celtes confectionnaient de leur bois des flûtes leur servant à converser avec les âmes des défunts.Sureau 2.jpg

     La Floraison malheureusement pas très longue a lieu entre mai et juillet, l’arbuste se couvre d’une multitude de petites fleurs blanches qui font le bonheur des abeilles, mouches et papillons. Les baies noires qui y succéderont feront le quotidien des merles, des fauvettes, des rouges-gorges, ....

    Je terminerai en citant quelques anecdotes ou croyances, à vous de voir si elles sont avérées ! Dans la tradition campagnarde, il porte bonheur, ou encore « dormir sous le feuillage d’un sureau donne des rêves érotiques et charnels » et d’après nos voisins allemands il a le pouvoir de mettre fin à la stérilité d’un homme ou d’une femme.

     Tout à coup, je regarde d’une autre façon cet arbre somme toute assez quelconque, toutes ces qualités dans cet arbre qui pousse un peu n’importe où, cet arbre auquel on ne prête pas beaucoup attention dans le paysage, voilà qu’ il prend de nouvelles dimensions, qu’il devient pratiquement un symbole de vitalité.

     

  • BUCOLISME ET PEUPLIER NOIR

    Un peu de bucolisme !  Oui, ce substantif est admis, même s’il n’apparaît pas dans tous les dictionnaires. Le centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) prend comme exemple un extrait du « Traité des caractères » (1946) de Emmanuel Mounier : . [Le] plus artificiel peut-être des bucolismes, celui de ces urbains désemparés de la fin du XVIIIe qui allaient agiter à la campagne (...) la clochette de leur cœur vide.

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     Mon propos n’est évidemment pas de faire de la lexicographie mais bien de partager ces moments de petits bonheurs que certaines scènes de la nature nous offrent.

    J’aime beaucoup partir à vélo à la découverte des villages, c’est un moyen de locomotion qui offre de multiples avantages, indépendamment du côté sportif, il permet de s’aventurer dans les chemins de traverse et d’y découvrir en dehors des routes principales ce que j’appellerais l’envers du décor.

    C’est ainsi que j’ai vécu quelques scènes bucoliques dont j’apprécie tellement le côté naturel dans le sens « intégration dans la nature ». Pour en revenir quelque peu aux définitions, bucolique est ainsi décrit : « Qui a rapport avec la campagne, la vie simple et paisible des gardiens de troupeaux. Airs bucoliques; paix bucolique; avoir une âme bucolique. »

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    Un adjectif très bien exprimé dans ces vers de Victor Hugo (Les chansons des rues et des bois) :

    "Je sens en moi l'âme enfantine

    D'Homère, vieux musicien.

    Je vis aux champs; j'aime et je rêve;

    Je suis bucolique et berger;

    Je dédie aux dents blanches d'Ève

    Tous les pommiers de mon verger."

     C’est ainsi que j’ai rencontré ces 2 bergers, dont le calme et la sympathie allaient de paire avec la scène que j’avais sous les yeux. De ces moments inattendus, il en ressort une espèce de joie interne qui fait oublier le stress et la vie trépidante de notre époque. Rien à voir évidemment avec les grands troupeaux de plusieurs centaines de moutons  qu’on peut voir dans les Alpes ou les Pyrénées, mais ici les sites sont plutôt restreints et au cœur du village.

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    Berger, voilà un métier pour tous les amoureux de la nature, pour ceux qui en ont marre d’être enfermés dans un bureau, pour ceux qui en ont assez de la pollution des villes et qui semble-t-il est porteur. En France il n’y aurait plus que plus ou moins 700 professionnels dont un nombre important proches de la retraite.

    Ces 2 bergers et je les en remercie ont aimablement accepté ma demande de les prendre en photo et l’un des deux m’a invité à voir l’arbre en dessous duquel il était couché afin de me montrer une chouette qui semblait nous observer d’un air interrogateur. De plus cet arbre était magnifique par sa taille, par la grosseur de son tronc et si j’ai bien compris mon interlocuteur, il avait plus de 200 ans. Photos à l’appui, je pense presque à coup sûr qu’il s’agit d’un Peuplier noir.

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  • IRIS, LA MESSAGERE DES DIEUX

     Iris, la messagère des dieux dans la mythologie grecque , messagère entre les dieux et les hommes avait fait de l’arc en ciel un espèce de chemin entre les uns et les autres. C’est sans doute grâce à ses multiples couleurs que la plante bien connue a hérité de ce nom qui lui va à merveille.

    Héra (femme et soeur de Zeus, gardienne de la fécondité du couple) avait pour Iris une affection sans bornes, d’une part parce qu'elle la purifiait avec des parfums quand elle revenait des enfers de l’Olympe et d’autre part parce qu’elle ne lui apportait jamais que de bonnes nouvelles. C’est sans nul doute pour cette raison que dans le langage des fleurs, l’Iris est annonciateur de bonnes nouvelles.

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     Voilà une plante apparue il y a au moins 50 millions d’années et qui encore aujourd’hui trouve place dans bien des jardins. Rustique, facile à réussir, facile à multiplier, elle ne pose aucun problème et la multitude de couleurs et d’espèces la rend très attractive.

    Le long des murs et des routes on trouve très régulièrement ces iris violets ou jaunes aux fleurs assez petites mais en 50 ans, la fleur a doublé de volume et les couleurs se sont multipliées de façon extraordinaire.

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     Ce sont ces variétés toutes simples, qui poussent un peu partout qui font l’objet des photos de cette note. Ce ne sont pas les plus spectaculaires mais elles sont certainement à la base de bien des hybrides disponibles aujourd’hui.

    Cette variété de formes et de couleurs a engendré chez certains une  passion pour en faire une véritable collection. Voici l’adresse d’un site répertoriant 342 variétés avec galerie de photos, ainsi que le nom de l'obtenteur et la date de création (clic).

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     Certaines espèces sont très recherchées en parfumerie pour leur rhizome dont on extrait l’essence d’Iris, particulièrement les Iris de Florence (iris germanica) de couleur blanche. C’est semble t-il Catherine de Médicis qui aurait lancé la mode de l’Iris en tant que parfum.

     Comment planter et cultiver des Iris (c’est ici)

  • ACACIA OU ROBINIER

    Quand en fin de journée, l’air est plus froid, les parfums de la nature ne montent plus de la même manière vers le ciel. C’est sans doute un moment idéal pour effectuer des balades en forêt, et surtout en cette période quand les acacias garnis de leurs longues grappes de fleurs blanches exhalent un parfum doux et envahissant à la fois.

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    Bien souvent on l’appelle Acacia, pourtant son nom exact est Robinier (Faux Acacia). Cette erreur vient de la confusion qu’il y a eu entre les appellations de 3 genres (on appelle « genre » un ensemble d'espèces ayant en commun plusieurs caractères similaires) soit les genres Acacia, Robinia et Mimosa. En fait l’acacia est l’arbre qu’on appelle Mimosa dans le sud de la France, et notre faux-acacia est bien un robinier.

    Voilà un arbre qui recèle pas mal de qualités, tout d’abord, il est très dur, il convient bien pour la fabrication de piquets de clôture car il est pratiquement imputrescible. Il est de croissance très rapide et se propage par des stolons ce qui fait qu’il est souvent considéré comme une espèce invasive.arbres,acacia,faux-acacia,robinier

    Les fleurs sont mellifères, elles peuvent être utilisées en cuisine, notamment pour en préparer de délicieux beignets (clic) ,des confitures (clic) , du sirop (clic) ou encore de la liqueur (clic) .

     Avec le bois, on peut produire de la teinture jaune, avec les feuilles on peut faire du fourrage et avec les fleurs qui peuvent sécréter quotidiennement 2 mg d’un nectar très riche en sucres, on produit un excellent miel. Ce miel d’acacia (on ne dit pas miel de robinier !) d’une belle couleur jaune clair est calmant, reconstituant et a des effets régulateurs au niveau des intestins.

     

    Un des plus vieux robiniers de France, date du 17è siècle, il aurait été planté par Jean Robin (d’ou le nom Robinier), botaniste d’Henri IV, Place Dauphine. Déplacé au square Saint Julien le Pauvre , aujourd’hui square René-Viviani-Montebello, il s’agirait en fait du plus vieil arbre de Paris toutes espèces confondues.

     acacia 5.jpgDans la Bible, l’Arche de l’alliance (coffre qui contient les tables de la loi – 10 commandements – données à Moïse sur le mont Sinaï) est ainsi décrite : Ils feront donc une arche en bois d'acacia, longue de deux coudées et demie, large d'une coudée et demie, haute d'une coudée et demie. Tu la plaqueras d'or pur; tu la plaqueras au-dedans ......

    La tradition veut que la couronne du christ aurait été tressée avec des branches d’acacia.

    Isaïe 41 :19 : « Je mettrai dans le désert le cèdre, l'acacia, le myrte et l'olivier; je planterai dans les solitudes le cyprès, l'orme et le buis ensemble ».

     On en retrouve également trace dans le Coran : « Les gens de la droite, mais que sont les gens de la droite? seront parmi des jujubiers sans épines et des acacias alignés, sous d’amples ombrages, près d’une eau vive, avec une abondance de fruits, non encore cueillis mais non défendus. »

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    L’acacia apparaît également dans les symboles maçonniques, il est un symbole d'initiation solaire manifestant la continuité des cycles de mort et de renaissance. Dans différents «documents fondateurs» et manuels d’instruction maçonniques, la question «Êtes-vous Maître Maçon?» s’assortit de la réponse «L’acacia m’est connu», ce qui met en relief la fonction de ce symbole en tant que moyen de reconnaissance entre initiés qui ont atteint le grade le plus élevé de la Maçonnerie bleue.