L'ASCLEPIADE DE SYRIE

Dans ma note précédente, je parlais des OGM, sujet prémonitoire sans doute puisque quelques jours plus tard, le Nouvel Observateur publiait un article « Oui, les OGM sont des poisons » (cliquez). Je ne reviens pas sur le sujet mais cet éclairage nouveau sur la problématique des OGM vaut certainement de s’y attarder un peu plus.

Il y a quelques semaines, j’avais lu un article qui parlait des insectes qui fréquentent les plantes manipulées. Une étude suggérait que le pollen du maïs génétiquement modifié affectait les chenilles des papillons monarques. Ces chenilles se nourrissent de feuilles d’asclépiades qui poussent souvent à l’état sauvage à proximité des champs de maïs or des entomologistes ont montré qu’en laboratoire, le pollen du maïs Bt dispersé sur des feuilles d’asclépiades interrompait la croissance de certaines chenilles monarques ou les tuait.

Asclépiade de syrie 3.jpgIl se fait que cette asclépiade très répandue dans la région, , j’en observe les différentes phases de son développement depuis le début du printemps. Et je peux dire que voilà une plante qui ne passe pas inaperçue quelque soit la saison.

L’Asclépiade de Syrie (Asclépias Syriaca) doit son nom à Jacques Philippe Cornut - médecin et biologiste français 1606 – 1651 qui en fait une description dans son ouvrage « Canadensium plantarum historia. Et notre médecin biologiste confond cette plante avec une autre plante originaire d’Asie mineure, d’où son qualificatif « de Syrie », alors que l’asclépiade est essentiellement originaire d’Amérique du Nord et principalement du Canada.

Asclépiade de syrie 1.jpgQuant à son nom, il fait référence à Asclépios, dieu de la médecine dans la mythologie grecque. Les grecs donnent le nom d’Asklepias à différentes plantes qui auraient des vertus médicinales dont le dompte-venin officinal (Vincetoxicum hirundinaria) à qui l’on attribuait le pouvoir de contrepoison du venin de vipère ce qui n’est d’aucune façon le cas de l’Asclépiade de Syrie.

Cette plante porte différent nom tous très imagés : « herbe à la ouate » référence à l’aigrette soyeuse des graines, « herbe aux perruches » référence à la forme des fruits verts ,  « langue de Vache » à cause de la forme des feuilles, « cotonnier », « petit-cochon », « asclépiade commune », « asclépiade de Cornut », ou encore « cochons de lait ».

Asclépiade de syrie 4.jpgA l’état sauvage, c’est une plante envahissante qui colonise les milieux ouverts, peu exigeante elle a néanmoins besoin de beaucoup de lumière, et qui peut évincer localement la végétation indigène. Parfois elle est cultivée pour l’ornement dans les jardins mais attention, elle s’étend très facilement par des rejets souterrains.

C’est aussi une plante toxique, toutes ses parties (racine, tige, feuilles, fleurs et fruits) contiennent un latex laiteux et épais, consommée par la chenille du papillon monarque, celle-ci en devient à son tour toxique ce qui lui permet d’échapper à de nombreux prédateurs.

Asclépiade de syrie 5.jpg

En Amérique du Nord et particulièrement au Canada, elle est considérée comme une mauvaise herbe, il faut dire que par son expansion rapide, elle se retrouve notamment dans le sud de l'Ontario un peu partout,  dans les pâturages, les prairies, les terrains incultes, les terres cultivées et les bords de routes. Elle est particulièrement commune dans les îles Manitoulin et la région centre-est du sud de l'Ontario, et elle semble être en progression dans la plupart des autres régions de la province.

Asclépiade de syrie 6.jpgComme je le disais plus avant, cette plante a un développement assez spectaculaire, tout d’abord parce qu’elle forme des colonies abondantes, que ses petites fleurs roses qui apparaissent au printemps sont assez jolies, que les fruits qui apparaissent en fin d’été ont une forme et une texture particulières et que maintenant en automne les fruits éclatent et laissent échapper une quantité de graines impressionnante. Les graines pourvues d’aigrettes soyeuses sont transportées à tout va par le vent d’où une dissémination importante.  

Asclépiade de syrie 8.jpg

Asclépiade de syrie 7.jpgMalgré sa toxicité, certaines personnes en consomment (il faut être sûr de la préparation !) principalement quand les fruits sont encore petits, voici un exemple vidéo avec l’accent du Québec pour des « bouchées de petits cochons gratinés ».

Commentaires

  • Je voulais en mettre au jardin merci pour les conseils, mais la fleur est très jolie.

  • Je ne peux voir la vidéo , dommage, mais ces petites bouchées ont l'air bien appétissantes.
    Bonne journée

  • Quel billet intéressant et bien documenté ! bien illustré également. J'avoue que mes connaissances s'arrêtaient aux "perruches" ! Il me semble qu'il faut être vraiment motivé pour préparer ces bouchées de petits cochons gratinés...
    Amitiés. Catherine

  • "Adopter le rythme de la nature : son secret est la patience".
    Ralph Waldo Emerson

    C’est tellement Toi, attendre toute une année pour faire une belle note de blog sur un thème, pour pouvoir photographier toutes les phases de la vie d’une plante ! Tu sais que je t’admire ?
    Quelle patience et quelle humilité devant la nature ! On n’en trouve guère dans les gens d’aujourd’hui...
    Les photos sont magnifiques, le texte toujours enrichissant...ça donne l’envie de relire et apprendre ! Merci !

  • Je n'ai jamais vu cette plante chez nous,elle n'apparait pas dans le livre des fleurs sauvages du larousse nature,je connaissais l'autre,merci pour cette découverte

Les commentaires sont fermés.