• SIGNES DU PRINTEMPS

    Voici d’autres petites preuves, s’il en est besoin que le printemps est bien là. Dans les sous-bois la CORYDALE SOLIDE (Corydalis solida) est fleurie, c’est une petite plante, voisine de la Corydale creuse, de 10 à 20 cm de haut dont les fleurs mauves/pourpres apparaissent sur une tige d’une dizaine de centimètres. Elle fait partie de la famille des fumariacées, comme le bien connu « Coeur de Marie » et le « Fumeterre ».

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    Elle est connue aussi sous le nom « Corydale à bulbe plein » ou encore « Corydale à tubercule plein » et elle est assez commune notamment dans les prairies montagnardes et subalpines. En Belgique, on la trouve dans les forêts alluviales et dans les bois humides, c’est la seule variété qu’on peut y trouver avec la Corydale creuse qui est cependant assez rare. La Corydale jaune, une espèce proche bien qu’appartenant à un genre différent, est quant à elle bien présente sur les murs et les rochers.

    Son nom vient du grec Korudallis qui signifie « Alouette huppée », les fleurs de Corydale possèdent en effet un long éperon rappelant la huppe de l’alouette.

    Belle et mignonne, mais attention sous son aspect ingénu, elle est très toxique, surtout par sa racine qui renferme des substances alcaloïdes au pouvoir paralysant.

     Et avec ce très beau temps printanier, ce sont nos amies les cigognes qui sont revenues. Les cigognes ne laissent personne indifférent, symbole fréquent dans l’imaginaire de l’homme, elle est affublée de quelques noms tels que : « Messagère du printemps », « Oiseau porte-bonheur », « Symbole de la longévité », « Porteuse de bébés », etc.

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    En général c’est en août-septembre qu’elle quitte l’Europe à cause du manque de nourriture pour rejoindre le sud de l’Europe et l’Afrique. Les espèces habitant la partie occidentale de l’Europe migrent par le sud-ouest et le détroit de Gibraltar tandis que les espèces habitant la partie orientale traversent le Bosphore pour se rendre en Afrique de l’Est jusqu’en Afrique du Sud.

    Cette cigogne blanche a retrouvé son nid en haut d’un poteau électrique, mais il n’est pas rare que chaque année elle ajoute et complète son nid qui dans des cas exceptionnels pourra atteindre jusqu’à 500 kg

  • LE PRINTEMPS ET LES ARTS

    Printemps rivière.jpgEt tout à coup, les rayons de soleil se font plus chauds, le fond de l’air n’a plus cette fraîcheur désagréable, le ciel s’est déchargé de ses nuages gris, le printemps semble s’installer et de quelle manière. Les rivières se débarrassent lentement mais sûrement de leur habit d’hiver, les premières perce-neige font leur apparition, de même que les éranthes d’hiver qui commencent à tapisser de leur jaune éclatant les sous bois. Partout on célèbre la fin du bonhomme hiver dans des carnavals ou des grands feux, la nature reprend ses droits,  la dormance est terminée, le débourrement peut commencer.

    Pour marquer cet évènement dans le cycle de la nature, j’ai opté pour une manière un peu originale, soit le printemps tel qu’il a inspiré les plus grands artistes dans les 7 arts principaux.

     Architecture :

    C’est sans doute dans cet art qu’il est le plus difficile d’en trouver une représentation sauf si on l’envisage d’une manière plus générale. En effet nos architectes paysagistes n’ont-ils pas comme mission de définir un jardin qui serait agréable en toute saison et qui mettrait en valeur les premières floraisons et les arbustes à floraison printanière. Parmi les paysagistes français, le plus connu est peut être André Le Nôtre, le père des jardins de Vaux le Vicomte et de Versailles, mais il y a un autre paysagiste français qui mérite certainement tout autant notre reconnaissance, il s’agit de Gabriel Thouin (1747-1829).

    Il est l’auteur d’un livre résultant de 40 années de recherches : « Plan raisonné de toutes les espèces de jardins », ouvrage de référence pour tout type de jardin.

    Gabriel Thouin distingue dans sa préface quatre types de jardins : le jardin potager, le verger, le jardin botanique ou jardin d'apothicaire, enfin le jardin d'agrément. Il subdivise les jardins d'agrément en fonction de leur forme en trois catégories : les jardins symétriques, les jardins anglais ou chinois et les jardins paysagers. Dans sa préface, Gabriel Thouin dénie aux Anglais l'invention du style naturel qu’il attribue plutôt à Charles Dufresnoy (1611-88), le successeur d'André Le Nôtre. Pour lui ce serait le précurseur du « jardin à l’anglaise », style qu’il avait imaginé dès le début du XVIIIe siècle dans un projet de parc pour le Faubourg Saint Antoine à Paris.

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    Sculpture :

    Qui dit sculpture, pense inévitablement à Auguste Rodin. Dans son œuvre, il y a un bronze intitulé : « L’éternel printemps ». En 1880, Rodin reçoit la commande d'une porte gigantesque dont la thématique est inspirée de la "Divine Comédie" de Dante : Les portes de l'enfer. L'œuvre  lui demanda un travail intense durant pratiquement 20 années et « L’éternel printemps » fut créé pendant cette période mais finalement ce sujet gracieux n’y figura jamais : tout comme Le Baiser, dont il constitue une sorte de variante, son sujet évoque le bonheur de deux jeunes amants, sentiment qui parut ne pas convenir au thème infernal de La Porte.

     Peinture :

    En peinture, le choix est vaste de Botticelli à Picasso en passant par Arcimboldo et ses célèbres et étonnantes peintures « Les Quatre saisons ».

    Les quatre saisons d'Arcimboldo sont des allégories, L'Hiver regarde le Printemps et l'Eté l'Automne. Le Printemps radieux contemple le visage décati de l'Hiver. Ce serait une jeune fille, plutôt qu'un jeune homme. C'est la saison du renouveau et les fleurs éclosent, chassant la grisaille de l'hiver. Le visage aux joues roses est composé de lys, de pivoines, de roses, d'églantines, d'anémones. Un lys épanoui décore la chevelure, allusion à la prétention des Habsbourg de descendre d'Hercule. En effet, la légende dit que le lys naquit du lait que donnait Junon à Hercule. La collerette est faite de fleurs blanches et le vêtement de feuillage.

    source : http://archeologue.over-blog.com

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     Musique :

    Après avoir évoqué « les quatre saisons » du peintre Arcimboldo, tout naturellement j’ai pensé aux « Quatre saisons » de Antonio Vivaldi. Le quattro stagioni  est le nom donné aux quatre concertos pour violon, qu’il a composés et dont l’introduction du printemps est certainement le passage le plus célèbre sinon le plus connu. Ce que le commun des mortels connaît moins c’est que son oeuvre est accompagnée de quatre sonnets qui lui sont attribués, poèmes qui décrivent le déroulement des saisons. Sur la partition, il précise les correspondances avec les poèmes, explicitant même certains détails (aboiements de chien, noms d'oiseaux : coucou, tourterelle, pinson…)

    Le sonnet concernant le printemps :

     Voici le Printemps, que les oiseaux saluent d'un chant joyeux.

    Et les fontaines, au souffle des zéphyrs, jaillissent en un doux murmure.

    Ils viennent, couvrant l'air d'un manteau noir, le tonnerre et l’éclair, messagers de l'orage.

    Enfin, le calme revenu, les oisillons reprennent leur chant mélodieux.

    Et sur le pré fleuri et tendre, au doux murmure du feuillage et des herbes,

    dort le chevrier, son chien fidèle à ses pieds.

    Au son festif de la musette dansent les nymphes et les bergers,

    sous le brillant firmament du printemps.

     Poésie :

    Combien de poètes n’ont-ils pas évoqué le printemps, ici aussi le choix est tout à fait difficile, mais ce poème de Victor Hugo simplement intitulé « Le Printemps » illustre à merveille cette saison.

    Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !

    Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,

    Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !

    Les peupliers, au bord des fleuves endormis,

    Se courbent mollement comme de grandes palmes ;

    L'oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;

    Il semble que tout rit, et que les arbres verts

    Sont joyeux d'être ensemble et se disent des vers.

    Le jour naît couronné d'une aube fraîche et tendre ;

    Le soir est plein d'amour ; la nuit, on croit entendre,

    A travers l'ombre immense et sous le ciel béni,

    Quelque chose d'heureux chanter dans l'infini.

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    Danse :

    Une oeuvre qui n’est pas passée inaperçue et qui a d’ailleurs été très mal accueillie lors de sa première, c’est : « Le sacre du printemps » de Igor Stravinsky. L'idée du Sacre du printemps lui vint en 1910, alors qu'il travaillait encore sur L'Oiseau de feu. Dans ses chroniques, le compositeur écrit ceci : « J'entrevis dans mon imagination le spectacle d'un grand rite sacral païen : les vieux sages, assis en cercle, et observant la danse à la mort d'une jeune fille, qu'ils sacrifient pour leur rendre propice le dieu du printemps ».

    Le premier tableau est intitulé : « L’adoration de la terre », le printemps, la terre est couverte de fleurs, la terre est couverte d’herbes. Une grande joie règne sur la terre. Les hommes se livrent à la danse et interrogent l'avenir selon les rites. L'Aïeul de tous les sages prend part lui-même à la glorification du Printemps. On l'amène pour l'unir à la terre abondante et superbe. Chacun piétine la terre avec extase.

    ( notes de programme que les spectateurs avaient reçues lors de la première représentation, le 29 mai 1913)

     Cinéma :

    Pas mal de films reprennent dans leur titre le mot printemps mais ce n’est pas nécessairement la saison qui en fait le scénario. Voici un film qui n’est certainement pas très connu bien qu’il ait reçu plusieurs prix dans différents festivals. « Printemps, été, automne, hiver... et printemps » de Kim Ki-duk

    Très applaudi lors de sa présentation en 2003 au Festival de Locarno, ce film y a récolté 4 prix : le Prix du jury Junior, le Prix Arte/CICAE (Confédération Internationale des Cinémas d'Art et Essai), le Prix Don Quichotte (remis par la Fédération Internationale des ciné-clubs), ainsi que le Prix décerné par le Netpac (Réseau pour la promotion du cinéma asiatique). La même année, le film décrochait le Prix du public au Festival de San Sebastian.

     "Mon intention est de montrer les joies, les colères, les tristesses et les plaisirs de nos vies à travers les saisons et au travers de la vie d'un moine qui vit dans un temple posé sur l'étang de Jusan situé en pleine nature. Cinq histoires du moine enfant, du moine garçon, du moine adulte, du moine vieillissant et du moine vieux coexistent avec des images de chaque saison. Les changements de qualité chez les êtres humains, les sens de la maturité dans nos vies qui se forment, comment elles se développent, la cruauté de l'innocence, l'obsession des désirs, la douleur des desseins meurtriers et l'émancipation dans les combats."

     

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