24/02/2012

LA BEAUTE DE LA NATURE

Vous connaissez ma passion pour la nature, pour sa richesse, pour sa diversité et sa complexité et aussi pour son incroyable beauté. Une de mes dernières lecture, « Cinq méditations sur la beauté » de François Cheng, parlait de la beauté en général mais abordait aussi la beauté de la nature.

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Le livre commence ainsi : « En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu’à l’opposé du mal, la beauté se situe bien à l’autre bout d’une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les extrémités de l’univers vivant : d’un côté, le mal ; de l’autre la beauté ».

 

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La deuxième méditation concerne en partie la beauté de la nature : « Que l’univers nous frappe par sa magnificence, que la nature se révèle foncièrement belle, c’est là un fait confirmé par l’expérience partagée par tous. N’ayons garde d’oublier la beauté du visage humain : visage de femme célébré par les peintres de la Renaissance ; visage d’homme fixé par certaine icônes. Pour nous en tenir à la seule nature, il n’est pas difficile de dégager les éléments les plus généraux qui tissent notre impression commune du beau : la splendeur d’un ciel étoilé dans le bleu de la nuit,  la magnificence de l’aurore ou du couchant partout dans le monde,  la majesté d’un grand fleuve traversant les défilés rocheux et fécondant les plaines fertiles,  la montagne haut dressée avec son sommet enneigé, ses pentes verdoyantes et ses vallées fleurie,   une oasis éclose au cœur d’un désert,un cyprès debout au milieu d’un champ,  la superbe course des antilopes dans la savane, l’envol d’un troupeau d’oies sauvages au dessus d’un lac.  

 

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Toutes ces scènes nous sont si connues qu’elles deviennent presque des clichés. Notre pouvoir d’étonnement et d’émerveillement en est émoussé, alors que chaque scène, chaque fois unique, devrait nous offrir l’occasion de voir l’univers comme pour la première fois, comme au matin du monde.

 Ici, déjà, une question se pose à nous. Cette beauté naturelle que nous observons, est-elle une qualité originelle, intrinsèque à l’univers qui se fait, ou résulte-t-elle d’un hasard, d’un accident ? Question légitime puisque, selon une thèse, la vie ne serait due qu’à la rencontre fortuite de différents éléments chimiques. Ainsi, quelque chose a commencé à bouger ; voici qu’une matière est devenue vivante.....

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Que la « moisissure » se mette à fonctionner en évoluant, il y a de quoi s’étonner. Qu’elle réussisse à durer en se transmettant, il y a de quoi s’étonner davantage. Qu’elle tende, irrépressiblement dirait-on, vers la beauté, il y a de quoi s’ébahir ! Au petit bonheur la chance donc, la matière un beau jour, est devenue belle. A moins que, dès le début, la matière ait contenu, en potentialité, la promesse de la beauté, la capacité à la beauté ? »

Cinq méditations sur la beauté (Albin Michel)  François CHENG de l’Académie française

 Voilà sans doute de quoi voir sous un autre angle toutes les beautés de nos jardins, en commençant par nos petits semis qui de minuscules graines vont nous donner d’admirables fleurs comme si nous en étions les créateurs. Pour imager un peu tout cela, j’ai recherché dans mes photos quelques clichés de fleurs ou de scènes de mon jardin qui, en toute modestie, illustrent un peu la beauté de la nature.

18/02/2012

L'ARBRE AUX BOULETS DE CANON

 

COUROUPITA GUIANENSIS  - les sujets hivernaux étant plutôt réduits  (neige, oiseaux, ...), un petit peu d’exotisme et de couleurs ou encore de rêve  n’est pas à dédaigner.

L’arbre  que je voudrais vous présenter est certainement un des plus spectaculaires au monde, il s’agit du : Couroupita guianensis ou encore « arbre aux boulets de canon ». Il est originaire du Nord de l'Amérique du Sud (Guyane comme son nom l’indique), d’Amérique tropicale et du sud des Caraïbes. Arbre à feuillage persistant pour certains, à feuilles caduques pour d’autres (il perdrait ses feuilles 3 fois par an), il fait partie de la même famille que le Noyer d’Amazonie (Bertholletia excelsa). couroupita guianensis.jpg

Photo : Servicio de Toxicología del Sanatorio de ninos (clic)

Cet arbre qui peut atteindre 30 mètres de haut est spectaculaire à plus d’un titre, tout d’abord ses fleurs sont absolument magnifiques, elles se présentent en grappes pouvant atteindre 3 mètres, ensuite par ses fruits sphériques de +/- 20cm de diamètre (ils contiennent 200 à 300 graines) qui ont l’apparence de boulets de canon ou encore par ses branches hautes qui sont pourvues d’épines alors que les branches du bas s’entremêlent dans un beau fouillis.

Autre particularité, les fleurs comme les fruits apparaissent sur des tiges qui poussent à même le tronc, si les fleurs sont très parfumées, les fruits dégagent une odeur fétide quand ils s’écrasent sur le sol. Ces fruits (+/- 6 kg) mettent 18 mois pour arriver à maturité et tombent au bout de 2 ans ½  environ.

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Photo : Biology DepartmentUniversity of Massachusetts Amherst (clic)

En Asie, au Sri Lanka, en Thaïlande et dans d’autres pays bouddhistes, l’arbre est souvent planté dans les temples. Il est confondu avec l’arbre Sala, arbre sous lequel Bouddha serait décédé.

couroupita guianensis 4.jpg


Photo : que huong ngay mai (clic)


En Inde où il a été introduit à la fin du XIXème siècle, il est appelé « Nâgalinga » et est considéré sacré par les hindous compte tenu que sa fleur ressemble à un nagam (serpent sacré).

Dans la littérature Tamoul, un recueil (traduit en français)  de nouvelles d’Inde du Sud porte le titre « L’Arbre Nâgalinga », une des ces nouvelles fait référence à notre couroupita : En présence de sa fille Brinda, un père de famille négocie la dot que son futur gendre riche, mais infirme, devra verser... Devant la maison un arbre « Nâgalinga » retient l’attention de la jeune fille qui rêvasse, qui laisse son esprit vagabonder et qui par la même occasion se détache de cet humiliant marchandage.

 "Que de fleurs sur cet arbre ! Brinda compta celles qui étaient à portée de vue : une, deux, trois, quatre, cinq... Avant qu'elle fût parvenue à la douzaine, les fleurs s'emmêlèrent. Avait-elle déjà compté celles qui étaient sur la branche du haut, ou pas ? Elles devaient être au moins deux douzaines en tout. Un trésor de fleurs douces aux couleurs délicates. En outre, il devait y en avoir d'autres, tombées au pied de l'arbre." (Editions de l'aube - p.11)

 

 

09/02/2012

DES FLEURS VERTES

fleurs vertes 4.jpgLe monde végétal présente une dominante verte, voyez les feuilles, les algues, les mousses ou encore les lichens. Les fleurs quant à elles, nous offrent une palette de couleurs du jaune au bleu en passant par le rose, le rouge, l’orange ou encore le violet. On pourrait presque dire que toutes les couleurs de l’arc en ciel sont représentées.
Les pigments donnent leurs couleurs aux fleurs, ils portent des noms impossibles tels que caroténoïdes, anthocyanes, flavonoïdes et mélanines. Ces différents pigments ne vont pas absorber la lumière de la même façon, par exemple la chlorophylle donne une couleur verte car elle absorbe toutes les longueurs d'ondes sauf le vert, les anthocyanes vont du bleu au rouge et donnent les belles couleurs de l’automne, etc.

 C’est grâce à ces couleurs que les fleurs attirent les insectes et en particulier les abeilles et les papillons tellement importants pour la pollinisation.Fleurs vertes 3.jpg
Les oiseaux ont une excellente vision des couleurs eux aussi, ainsi une fleur rouge vif va immanquablement les attirer et d’autant plus si elle produit du nectar. La nature est telle que certaines plantes développent des fleurs qui imitent le mâle ou la femelle d’un insecte, avec des poils ou des formes tout à fait caractéristiques (par exemple l’orchidée abeille)

Pourtant les modes de fécondation peuvent être très différents, ainsi certaines plantes sont fécondées par le vent, par l’eau ou encore par elles-mêmes. Dans ces cas précis, la couleur des fleurs n’a aucune espèce d’importance.

De tout temps, l’homme a créé de nouvelles fleurs, c’est ainsi que sont nées des hybrides aux couleurs chatoyantes et aux formes sophistiquées. Que ne comptons nous pas de diversités dans les rosiers, de toutes les tailles et de toutes les couleurs, comme par exemple des roses vertes mais qui me semblent tellement artificielles.

Je l’ai dit plus haut, la chlorophylle absorbe toutes les longueurs d’ondes sauf le vert et elle est souvent masquée par les autres pigments ce qui fait qu’il y a peu de fleurs vertes. Pourtant dans la nature, quelques plantes présentent des fleurs vertes, telles les alchémilles très communes dans nos jardins ou encore certaines euphorbes ou hellébores, ce sont certainement les plus connues. On peut encore citer les fleurs de l’érable champêtre, la moscatelline (adoxe muscée) (clic) dont j’ai eu l’occasion de parler, la dorine, la mercuriale, etc... mais la liste n’est pas très longue.

Fleurs vertes.jpgPersonnellement, en novembre, mon regard avait été attiré par ces espèces de chrysanthèmes dont la couleur verte était bien marquée mais dans ce cas aussi le côté « artificiel » me donnait le sentiment qu’il prenait le dessus sur la beauté de la fleur.

21:46 Écrit par MSVDH dans JARDIN | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : fleurs, couleurs, vert, chlorophylle |  Facebook | |