LES ANCIENS POMMIERS

En Belgique comme dans d’autres pays, certaines régions sont connues pour leurs vergers et leurs pommiers ou poiriers. C’est le cas en province de Liège du pays de Herve qui est l’héritier d’une tradition fruitière vieille de deux siècles. C’est ainsi que dans le passé, les habitants de ces régions ont développé des variétés locales car leur production était une source de revenus non négligeable. Plusieurs centaines de variétés ont ainsi été créées.

Malheureusement au début des années 1970, l’Union Européenne a octroyé des primes à l’arrachage qui font que pas mal de vergers ont disparu et par la même occasion toutes les variétés locales de pommes. Il ne reste plus que quelques vestiges de vieux arbres laissés à l’abandon et qui sont là comme les témoins d’une époque révolue.

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Paradoxalement, maintenant on importe des pommes chargées de pesticides de pays lointains, voire d’autres continents et ce au prix de tonnes de kérosène brûlés par les avions pour leur transport. Merci la pollution, merci le réchauffement climatique  et tant pis pour la biodiversité et pour tous les insectes et oiseaux associés.


Certaines associations œuvrent à la conservation de ce patrimoine naturel, c’est le cas des « Amis de la Terre », qui notamment au pays de Herve ont créé un verger conservatoire - « Li wêde del bèle-fleûr » , verger qui compte près de 140 hautes tiges.  Ils dispensent en plus tous les conseils généraux pour aménager un verger, et les informations nécessaires au choix des variétés à planter. La plupart des pommes alimentaires sont de l'espèce Malus pumila qui compte plus de 20 000 variétés à travers le monde.arbres fruitiers,pommiers


Quand on pense que dans nos grandes surfaces, on ne trouve plus que 5 à 6 variétés alors qu’il en existe plusieurs centaines et qui portent parfois des noms qui sentent bon le terroir, telles que : Grenadier, Reinette Evagil, Président Roulin, La Paix, Transparente de Lesdain,  Godivert, Cwastresse double, Reinette de Blenheim ou encore Radoux clic.


C’est cette dernière variété que j’avais plantée au jardin il y a quelques années, elle m’avait été conseillée par un pépiniériste. Elle répondait à la définition suivante : La variété fournit une pomme de calibre moyen, très colorée de rouge vif, à maturité d'octobre à décembre. Elle se révèle très fertile et souvent alternante. La chair blanche, sucrée, acidulée est à croquer jusque fin novembre. Cette variété provient du pays de Liège. Elle a été obtenue par M. Radoux à Haccourt vers le milieu du 19e siècle et a été mentionnée pour la première fois en 1873.


Voilà pour ma petite contribution à la conservation des espèces, mais si toutes ces petites contributions sont multipliées par le nombre d’amateurs de jardin ou de biodiversité, le résultat est loin d’être négligeable.

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En Europe, le pommier est évoqué depuis la plus haute antiquité. Par exemple le pommier figure parmi les arbres que fit planter le pharaon Ramses II dans son jardin du delta (1301/1235 avant J.C.).
Tandis qu’aux Etats-Unis, ce sont les anglais qui débarquèrent à bord du Mayflower et qui fondèrent Plymouth en 1620 au Massachussets qui y apportèrent les premiers pommiers.
Pour la légende, John Chapman, plus connu sous le nom de Johnny Appleseed (Johnny pépin de pomme) est considéré comme un des pionniers qui a introduit et planté de nombreuses variétés dans les régions de l'Ohio, de l'Indiana et de l'Illinois.
 

Commentaires

  • Bonjour

    je te souhaite de bien commencer cette nouvelle semaine
    Amitiés
    René

  • Merci de ton passage chez moi. J'ai bien aimé ton billet sur les pommes, mes parents ayant été cultivateurs, je connais bien ce problème. Je me lamente de ne trouver que des Galas, des Goldens, et autres variétés particulièrement insipides, mais à la chair si dure, pour qu'elles supportent les transports ... Au marché, je trouve parfois, des pommes un peu moins bien cirées, avec un vrai air de pomme, et dont le paysan ne connaît pas le nom. Je m'en régale, moi qui mange une à deux pommes quotidiennement !

  • Très beau message que de préserver la diversité. Ah l'Europe... le 'machin' comme disait un président français, il n'avait pas tort...

  • Un très bon sujet aussi savoureux que les pommes que tu présentes. A déguster sans modération, cest parfait pour la santé et la forme.
    Belle soirée jocelyne

  • Dans une précédente résidence, nous avions un verger composé d'une quinzaine de variété anciennes greffées après la seconde guerre mondiale. Certaines pommes étaient des variétés locales comme la "Belle fille de Salins". Nous récoltions une tonne et demie de pommes ! Et nous fabriquions jus et cidre... C'était un gros travail mais les enfants aimaient ces activités.
    Ici il n'y avait rien à notre arrivée et nous n'avons planté que trois pommiers mais trois variétés anciennes car nous sommes très attachés à la conservation des variétés anciennes. : Epine rouge, Reinette de Savoie et Violette de Montbeliard.

  • je suis très contente que les pommes des vergers anciens procurent beaucoup de joie !!! c'est important de respecter et faire vivre ces vieux arbres qui existent et donnent de beaux fruits ; certains n'ont jamais eu aucun traitement tout

  • Je suis toujours sous le charme des pommiers fruitiers dont je trouve le port très élégant. Ils sont beaux les arbres que tu nous montres là je trouve ! Et tu as bien raison dans tes propos. Perso, avec ma fratrie, nous avons hérité d'un verger familial rempli de variétés de pommiers différentes... on essaie de le préserver comme on peut... je rêve du jour où j'aurai un peu plus de temps à lui consacrer !

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